« La curiosité a tué le chat… mais au moins le chat est monté sacrément haut ! » Voilà un proverbe qui aurait pu voir le jour chez Venus Aerospace, la start-up qui ne cesse de faire décoller l’imagination – et quelques fusées au passage. Car à Houston, on ne craint plus vraiment la panne sèche du rêve spatial : place au Rotating Detonation Rocket Engine (RDRE), une invention aussi explosive que son nom.
L’histoire de Venus Aerospace, c’est presque une comédie romantique spatiale : un couple de scientifiques, Monsieur et Madame Duggleby, décide en 2020 que l’aventure conjugale, c’est bien, mais que révolutionner l’aéronautique, c’est plus drôle à deux. Leur idée de base ? Permettre à mamie d’aller voir ses petits-enfants à l’autre bout du monde sans polluer la planète ni sacrifier le rôti du dimanche – grâce à des jets hypersoniques propres.
Sauf que la réalité a rapidement dépassé la fiction. Le jour où leur moteur a enfin ronflé l’an passé, ce ne sont pas les touristes en mal de vitesse qui ont toqué à la porte, mais des industriels et l’armée, tous pressés d’acheter cet OVNI mécanique : « Oh là là, vous avez un RDRE qui fonctionne, vous ne voudriez pas nous en vendre un, par hasard ? » se souvient Sassie Duggleby, encore étonnée de tant d’enthousiasme inattendu.
Quand on rêve d’avion de ligne et qu’on finit par vendre des moteurs à la Défense, c’est qu’on n’avait pas vu venir le vent… de la réussite !
Loin de leurs plans initiaux, Venus lance alors sa carrière dans le domaine militaire — hypersonique s’il vous plaît —, espérant remplacer les bons vieux moteurs à poudre par une technologie plus efficace, réutilisable et facilement produite. Mais n’y voyez pas qu’une question de missile ; la requalification de ce turbo-talent séduit aussi l’espace, avec quelques agences gouvernementales prêtes à aligner les dollars pour envoyer matériel ou humains encore plus haut, plus vite, plus fort.
Venus Aerospace, portée par un récent tour de table de 90 millions de dollars (et quelques beaux noms à bord, de Lockheed Martin à Mercury Fund), n’en serait pas là sans une bonne dose de science-fiction devenue réalité. Car le RDRE, ce moteur à détonation rotative, n’est pas né d’hier : imaginé dans les années 1960, il a surtout donné mal à la tête aux ingénieurs. L’idée ? Avoir une onde de combustion qui tourne en boucle, comme une fête foraine miniature, pour consommer moins de carburant que le voisin d’en face. Problème : plus capricieux qu’un chat mouillé et tout aussi incompréhensible.
Heureusement, le 21e siècle et ses outils magiques (coucou, imprimante 3D !) ont permis de débloquer les chaînes YouTube d’expériences en pagaille : d’abord en labo, puis chez la NASA, à la JAXA japonaise, et enfin, cocorico spatiale, en vol réel grâce à Venus Aerospace. Mais ce n’est pas tout : l’histoire ne s’arrête pas tant qu’on ne peut pas faire tourner le moteur aussi longtemps qu’un épisode de Game of Thrones. Pour l’instant, le record est de 32 secondes. Objectif : tenir six minutes, voire plus, sans que l’engin ne se liquéfie façon raclette en juillet.
Pour aider à cette quête du Graal, la Texas Space Commission vient de leur faire un joli chèque pour construire un stand d’essai XXL – indispensable pour transformer un coup d’éclat en « routine spatiale ». Ainsi, qui sait, après les militaires, pourquoi pas un retour à la case « voyageur pressé » ? Après tout, il n’y a que les moteurs qui fondent pour changer de direction à la vitesse de la lumière…
Conclusion ? À force de faire tourner la détonation, on finit toujours par décrocher les étoiles. Et pour Venus Aerospace, ça turbine dur dans le cosmos… et les jeux de mots aussi : n’est-ce pas la preuve qu’ils ont vraiment la tête dans les nuages ?
Source : Techcrunch




