Canon DSLR camera on brown wooden table during daytime

Credits image : Hanson Lu / Unsplash

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Les Flockbusters : Quand la surveillance se fait plumer

« Big Brother vous regarde… et il a des soucis de gestion du personnel ! » Oui, amis geeks et amateurs de thrillers dystopiques, l’industrie de la surveillance, c’est parfois moins “Mission Impossible” que “Open Space en crise”. Flock, le fabricant de caméras de surveillance qui adore tout noter sur nos plaques d’immatriculation, traverse en ce moment une période loin d’être paisible : il taille dans ses effectifs alors même que la contestation face à ses technologies atteint un niveau XXL.

D’après Reuters — qui confirme que la réalité peut être aussi croustillante qu’un épisode de Black Mirror — Flock fait partir environ 270 employés, soit un 18% bien dodu de ses collaborateurs, suite à un programme de départs « volontaires ». Certains parleront de « volontariat », d’autres de « départs déguisés », mais une chose est sûre : on ne croise pas souvent autant de badges qui disparaissent à la cafétéria.

Déjà le mois dernier, Wired flairait le coup fourré et rapportait que Flock sollicitait gentiment certains employés pour qu’ils fassent leurs cartons, histoire d’éviter des licenciements plus douloureux. Ce genre d’annonce, c’est toujours plus joli sur LinkedIn sous le titre « nouvelle étape dans ma carrière », mais dans la vraie vie, il s’agit surtout d’éviter le recours au mot en L (oui, “licenciement”… on a connu plus fun à la machine à café).

La surveillance, c’est bien, mais surveiller sa réputation (et ses salariés), c’est mieux !

Le porte-parole de Flock, Paris Lewbel, a bien tenté de rassurer TechCrunch : il s’agissait simplement, selon lui, d’un « généreux programme de séparation volontaire », pas d’un “plan social”, attention ! Objectif affiché : préparer l’entreprise pour sa prochaine phase de croissance (spoiler : la prochaine phase, c’est surtout penser à éteindre la lumière en partant). Quant à savoir si le PDG Garrett Langley ou sa garde rapprochée ont mis la main à la poche… silence dans les rangs. Selectivité digne du FBI !

Faut dire que Flock cumulait déjà les déboires avant cette crise RH : critiques virulentes des habitants et des élus américains, anxieux de voir pousser les caméras comme des champignons, et enquêtes en chaîne sur l’utilisation de ces dispositifs par les forces de l’ordre. Des policiers peu inspirés en ont profité pour jouer aux espions… sauf qu’ils se sont retrouvés à leur tour surveillés et, pour certains, virés pour avoir traqué ou stalké des citoyens sans le moindre mandat. Oui, chez Flock, même les caméras sont “Back to the sender”.

Résultat : certaines villes ont voulu débrancher les caméras, Flock a répondu en les remplaçant plus vite que Flash, et certains citoyens en colère sont passés à la caisse à outils pour faire justice eux-mêmes… ambiance dystopie, mais version “bêta-test”.

Et histoire d’ajouter encore un peu de sel sur la plaie, la sécurité informatique chez Flock est aussi solide qu’une porte de cabanon : caméras accessibles en ligne, failles à gogo, et erreurs d’identification qui ont valu à des innocents, y compris un journaliste, de se retrouver dans le viseur des policiers par erreur. Bref, on n’est plus très loin du Bingo du malaise !

Des services de police aussi prestigieux que Los Angeles commencent carrément à tourner la page en laissant expirer les contrats avec Flock, brandissant haut et fort la défense de leurs citoyens, de leurs libertés… et sans doute de leur propre tranquillité juridique. Comme quoi, la surveillance, ça peut aussi tourner au mauvais polar : Flock a voulu faire la loi… il s’est pris les pieds dans le tapis numérique. Faut croire qu’ils n’avaient pas vu le panneau “Attention, sol glissant” sur leur propre caméra !

Source : Techcrunch

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