Déploiement futuriste ou pari risqué ? Alors que la mobilité urbaine s’apprête à basculer dans une ère automatisée, qui prendra le volant – ou plutôt, s’en passera – dans la capitale du jeu ? Waymo, la filiale d’Alphabet, vient tout juste d’ouvrir son service de robotaxis au public à Las Vegas. Comment l’entreprise parvient-elle à s’imposer sur un marché aussi disputé, et qui, réellement, sortira gagnant de cette révolution sur roues ?
Waymo ne débarque pas en terrain inconnu : ce lancement s’inscrit dans une stratégie désormais rodée, testée dans quatorze autres villes américaines. Mais quelle carte la société joue-t-elle à Las Vegas, où l’intensité du trafic, le va-et-vient incessant de touristes et la concurrence acharnée pourraient faire office de test grandeur nature ? Les premiers utilisateurs pourront réserver un robotaxi dans une zone englobant le fameux Strip et Boulder Junction, mais l’accès reste pour l’instant sur invitation. À terme, prédit-on, la flotte Ojai de Waymo devrait s’étendre… Mais combien de temps avant que tout un chacun puisse monter à bord ?
La compétition s’annonce féroce. Tesla, Zoox, Motional : chacun aiguise ses algorithmes et prépare son offensive robotique. D’ailleurs, Zoox propose déjà un service commercial dans la ville aux mille néons. Le fait que la Nevada Transportation Authority ait validé les demandes simultanées de Waymo, Tesla et Uber dessine-t-il déjà les contours d’une course effrénée pour quadriller Las Vegas ? Pourquoi ce soudain emballement des régulateurs à autoriser jusqu’à 7 000 robotaxis simultanément ?
La saturation des rues par les robotaxis n’est-elle qu’une question de temps… ou un pari intenable ?
Pourtant, il semble peu probable que tous ces véhicules prennent la route à court terme. Waymo dénombre actuellement quelque 4 000 robotaxis, répartis sur le territoire américain, alors que Tesla peine à cacher ses ambitions plus modestes : atteindre 2 500 véhicules autonomes en un an serait déjà une victoire, a reconnu l’un de ses ingénieurs. Est-on à l’aube d’une véritable prolifération des voitures sans pilote ? Ou la réalité technologique et réglementaire va-t-elle freiner cette avancée ?
Un autre enjeu demeure : l’acceptation du public. Quel accueil vont réserver les habitants et les touristes à ces voitures sans chauffeur ? Des invitations à la volée et une ouverture progressive suffiront-elles à dissiper les appréhensions, alors même que d’autres villes, comme San Antonio, ont dû faire machine arrière ?
Ce qui est certain, c’est que la bataille de Las Vegas n’est qu’une étape dans la guerre qui fait rage entre géants de la tech et nouveaux venus, à coups de licences, de mises à l’épreuve sur route et de promesses de révolution urbaine. Face à cette évolution, quelle sera la part de bluff et quelle sera celle de l’innovation réelle ?
Les rues de Las Vegas s’apprêtent-elles à devenir le théâtre d’une saturation routière inédite… ou d’un miracle technologique ?
Source : Techcrunch




