Selfie spatial, avatars juridiques et SUV philanthropique : quand la techno patine sous le vernis

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Selfie spatial, avatars juridiques et SUV philanthropique : quand la techno patine sous le vernis

Entre les paquebots bouchonnant les lancements spatiaux de Blue Origin à Cap Canaveral, Kim Kardashian lamentant sa foi dans ChatGPT – le génie qui plagie le Code civil autant que Wikipedia –, et Google qui promet que quelques pixels de selfie suffisent à choisir sa garde-robe, tout laisse penser que la frontière entre progrès et farce technologique est plus poreuse que jamais. Et si la patience était à la techno ce que la crème anti-rides est à Hollywood : une promesse élastique, repoussée, parfois détournée par simple caprice d’un vacancier ou algorithme boudeur ?

On rit jaune à l’idée de voir les rêves interstellaires de Bezos stoppés net par un capitaine de croisière – le même monde où, à l’inverse, le simple fait de cliquer sur « essayez-le » dans Google Shopping (merci l’IA “Nano Banana”, rien que ça) nous ouvre un multivers d’avatars. Une main sur la fusée, l’autre sur le smartphone : toute technologie fabuleuse n’est-elle pas, au fond, sabotée par la médiocrité bien humaine – l’erreur de navigation du plaisancier, la naïveté flamboyante de la starlette juriste, ou la superficialité d’un avatar digital collé sur des promesses de shopping éthique ?

Rivian et Rose Marcario (toujours en bivouac écologique, jamais vraiment en pôle position), rappellent que mêler storytelling durable et gadgets techno à la mode n’empêche pas les sorties de route – certains quittent la salle du conseil mais conservent la fondation, histoire de continuer à faire rêver la planète tout en laissant d’autres suer sur l’assemblage réel, électrique, très matériel, de milliers de SUVs. Les rêves verts carburent à la même potion que les lancers de fusées et l’IA vestimentaire : de la promesse marketing, beaucoup de data, un soupçon d’ego, et du suspense à chaque itération… ou ratage.

Le progrès n’avance jamais en ligne droite : il se faufile entre le selfie flatteur, le faux conseil de l’IA, et le paquebot qui passe où il veut.

La grande ironie de notre époque, c’est qu’on nous vend le choix, l’efficacité ou la personnalisation, mais que tout finit, immanquablement, par se heurter à trois vieilles réalités implacables : la météo, l’erreur humaine et la croyance un peu puérile que la technique effacera l’humain, alors qu’elle ne fait souvent que le caricaturer. Le selfie dictant la taille de votre T-shirt, Kim confiant sa notation d’examen à une IA faussement omnisciente, ou le dirigeant “Patagonia” remplaçant le greenwashing par un board-trimming discret : chaque promesse glisse vers sa propre parodie.

L’horizon technologique 2026 n’a rien d’une ligne droite vers le futur : c’est plutôt la parade d’une humanité testeronne, hyperconnectée mais dépendante, où chaque innovation, armée pour « sauver le monde », doit d’abord composer avec les vieux réflexes, les bugs sociétaux et des users qui croient encore qu’on dialogue avec le progrès comme avec une barmaid compréhensive. Pas sûr qu’on gagne la partie avec ces avatars, cet optimisme élastique, ou ces boosters qui attendent que les yachts veuillent bien bouger. Mais au moins, le spectacle n’ennuie jamais.

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