« Dans l’IA, on rêve toujours d’être le modèle… de fondation ! » Voilà, cher lecteur, bienvenue dans les coulisses feutrées et parfois farfelues des laboratoires d’intelligence artificielle, où tout le monde veut changer le monde (ou au moins son portefeuille), mais où personne n’aime vraiment préciser comment. Dans le grand bal des modèles de fondation, une nouvelle génération d’ex-stars de la tech et de chercheurs mythiques s’invitent à la piste, parfois avec l’intention claire de bâtir la prochaine forteresse à la OpenAI, parfois juste pour danser sans trop penser à l’addition.
Problème : dans ce foisonnement, on finit par ne plus savoir qui vend des idées et qui veut vraiment gagner de l’argent (autrement qu’en vendant des t-shirts “J’aime l’IA”). Alors pour y voir plus clair, notre espiègle auteur propose une « échelle à ambition », en cinq niveaux. De ceux qui engrangent les millions (niveau 5), à ceux qui préfèrent la méditation zen, sans autre ambition financière que de s’aimer soi-même (niveau 1, coucou les chercheurs solitaires !).
Le plus drôle ? Grâce à la pluie de billets verts qui s’abat sur l’IA, même les projets de recherche qui fleuraient bon la (non-)rentabilité se retrouvent bombardés de financements. Entre nous, qui aurait cru que “penser à un concept de stratégie” (niveau 2) serait autant valorisé que “touche pas à mon cashflow” (niveau 5) ? Moralité : dans le monde des IA labs, viser moins peut franchement rendre plus heureux, sans filet d’or sur le serveur dédié.
Dans l’intelligence artificielle, le flou fait partie du jeu : ce qui ressemble à un plan béton aujourd’hui peut fondre comme un chatbot au soleil demain.
But de la manœuvre ? Distinguer au mieux nos stars du moment : Humans&, TML (Thinking Machines Lab), World Labs et SSI (Safe Superintelligence). Prenez Humans&, hype du moment, issu d’un joli patchwork ex-Google/Anthropic/xAI. Leur rêve : pas faire plus gros, mais mieux communiquer et… “coordonner”. Au rayon stratégie produit ? Flou artistique revendiqué. Fabriquer un nouveau Slack, mais aussi le couteau suisse de l’IA de bureau… sans jamais dire lequel ? Avouons, ça sent le niveau 3 à plein nez.
TML aligne une ex-ChatGPT à sa barre, des levées de fonds à donner le tournis et — plot twist ! — des démissions en série à peine douze mois après le départ. On voulait du niveau 4 (plan d’enrichissement détaillé), on se retrouve à douter : la feuille de route était-elle vraiment là ou était-ce juste un “concept de schéma d’intention” ? Ça tangue entre le niveau 2 et 4, mais pas encore de crash, juste quelques turbulences à prévoir.
World Labs, mené par la star Fei-Fei Li (ImageNet, rien que ça !), aurait pu ronronner au niveau 2, en mode “recherche pure”. Surprise : à peine un an plus tard, un modèle génératif d’univers et un produit commercial déjà plébiscité par Hollywood et les studios de jeux vidéo. Autant dire que la startup tutoie d’ores et déjà le niveau 4, prête à bondir au 5 à la prochaine actualisation du classement Forbes.
Enfin, SSI, le laboratoire d’Ilya Sutskever : sûrement le seul à assumer haut et fort qu’il ne veut pas vendre, produire, ni même réfléchir à la rentabilité (niveau 1, la vie rêvée). Pas de chronos produits, pas d’acquisition acceptée, une levée de fonds triomphale sans business plan… et pourtant, dans ce monde où “les timelines sont longues”, tout pourrait changer du jour au lendemain. Rassurez-vous, dans la tech, “jamais” veut souvent dire “attendez l’année prochaine”.
En résumé : sous des ambitions aux contours nébuleux, les labs d’IA manient l’ambiguïté aussi bien que leurs algos manient les chiffres. Car dans la Silicon Valley, entre flop et jackpot, il n’y a parfois qu’une histoire… de niveaux !
Allez, pour finir, souvenez-vous : “dans les labs d’IA, si vous cherchez la rentabilité, attendez-vous à des bugs dans le plan !”
Source : Techcrunch




