« Il y a trois choses qu’on ne refuse jamais : une bonne baguette, une sieste l’après-midi… et des suggestions qui tombent vraiment à pic. » Sauf, bien sûr, quand votre assistant IA préféré semble un peu trop zélé avec ses recommandations de salles de sport virtuelles.
L’histoire du jour commence avec Yuchen Jin, cofondateur de Hyperbolic, qui partage fièrement – ou plutôt agacé – sur X (ex-Twitter) une capture d’écran où ChatGPT, sans crier gare, lui suggère d’installer l’application Peloton. Petit détail qui ne passe pas : Yuchen paie 200 dollars par mois pour le privilège d’utiliser ChatGPT Pro. Pour ce tarif-là, on s’attend à une expérience sur-mesure, pas à une avalanche de pubs pour faire remuer nos fessiers.
La capture en question a fait le tour du web, cumulant des centaines de partages et de sauvegardes, déclenchant une avalanche de commentaires inquiets. Nombre d’utilisateurs – surtout ceux qui paient le prix fort – s’empressent d’exprimer leur mécontentement : non, ils n’ont pas envie que leur chatbot préféré se transforme en panneau d’affichage, surtout quand ils discutent d’un podcast sur Elon Musk et pas du dernier challenge fitness.
Quand un assistant IA se met à parler vélo pendant que vous discutez fusées, il y a de quoi pédaler dans la semoule.
Mais attention, OpenAI n’a pas tardé à réagir. Daniel McAuley, data lead chez OpenAI, est monté au créneau pour jurer, la main sur le cœur (ou le circuit imprimé ?), que non, ce n’était pas une publicité : “Il n’y a absolument aucune commission, c’est simplement une suggestion d’application.” Autrement dit, personne ne touche d’argent là-dessus. En revanche, la pertinence de la suggestion, elle, était manifestement restée au vestiaire.
Le soufflé de la confusion a continué à gonfler quand OpenAI a rappelé sa grande ambition : intégrer des apps directement dans ChatGPT, pour substituer à terme les App Stores traditionnels. « Vous pouvez découvrir [des apps] lorsque ChatGPT les propose au bon moment ou en les appelant par leur nom. Elles répondent au langage naturel et s’utilisent directement dans la conversation, » annonçait la firme il y a quelques mois. Dans les faits, recommander Peloton entre deux discussions sur xAI et Elon Musk, c’est un peu comme servir un plat de haricots verts lors d’un dessert d’anniversaire.
Résultat : même si les suggestions avaient été pertinentes, le parfum de pub persiste. Surtout qu’il est impossible de désactiver ces recommandations, un détail qui a tendance à faire grimacer les utilisateurs les plus exigeants – et qui pourrait bien orienter leurs choix vers des chatbots concurrents, si cela devient trop envahissant.
Pour l’instant, ces applis ne sont accessibles qu’aux utilisateurs connectés hors EU, Suisse et Royaume-Uni, et l’intégration est encore en version bêta. Mais à voir la liste des partenaires déjà en lice (Booking, Canva, Coursera, Figma, Expedia, Zillow…), il y a fort à parier que nos IA préférées n’ont pas fini d’essayer de nous « suggérer » des bons plans. Morale du jour ? Chez OpenAI, on pédale vite pour révolutionner l’expérience utilisateur, mais parfois, on finit par tourner en rond… sur un vélo d’appartement !
Source : Techcrunch




