« Le monde appartient à ceux dont le réveil sonne… et maintenant à ceux qui modélisent ce monde. » Voilà un adage que Yann LeCun, le rockstar français de l’IA, a visiblement pris au pied de la lettre. Après avoir quitté Meta (ex-Facebook) dans un nuage de spéculations et de data, le chercheur vient enfin de lever le voile sur le projet secret de sa nouvelle startup, AMI Labs. Spoiler : la réponse était presque sous notre nez, ou plutôt… dans le nom.
AMI, ça veut dire Advanced Machine Intelligence, mais surtout, ça rime avec « ami » – vous savez, comme dans « ami.e.s pour la vie (artificielle) ». La start-up veut, très sérieusement, doter les ordinateurs de la capacité à comprendre notre monde, pas seulement à ingurgiter du texte comme une IA qui révise son bac en survolant Wikipedia. Bref, AMI Labs n’envisage rien de moins que de doter la technologie d’un cerveau à la hauteur du réel – un projet si sexy que les investisseurs accourent plus vite que l’alerte LinkedIn d’une levée de fonds.
Mais attention, AMI n’est pas tout seul dans la cour de récré. Fei-Fei Li, pionnière de l’IA (et icône à part entière), pilote World Labs, une concurrente qui vaut déjà plusieurs licornes empilées. Son produit Marble crée des mondes 3D crédibles et affole les compteurs : World Labs discute déjà une valorisation à 5 milliards de dollars. Dans ce combat de titans, Yann LeCun n’est pas venu pour jouer à la marelle, mais pour bousculer le jeu.
Dans le monde de l’IA, ce n’est pas la taille du modèle qui compte, c’est sa capacité à comprendre la réalité…
Au dernier épisode des rumeurs, AMI Labs serait en train de séduire les investisseurs pour lever à une valorisation de 3,5 milliards. Pas mal, sachant que la boîte n’a pas encore sorti de produit. Parmi la liste de VC tombés sous le charme : Cathay Innovation, Greycroft, Hiro Capital et une bande de financiers qui doivent déjà s’entraîner à prononcer « machine intelligence » en toutes les langues. Pour les fans de dynasties, LeCun n’est « que » président exécutif – la direction opérationnelle revient à Alex LeBrun, ex-CEO de Nabla, une startup de santé à la croisée de Paris et New York (décidément, ces gens n’aiment pas rester au même endroit).
LeBrun a laissé les stéthoscopes de Nabla pour rejoindre AMI, mais les ponts ne sont pas coupés : Nabla aura accès en primeur aux modèles du futur, tandis qu’Alex cumule désormais les rôles de chief AI scientist et de président. On dirait presque une startup-émission d’aventure… sauf que la course, ici, c’est qui arrivera à créer la prochaine vraie révolution de l’intelligence artificielle.
Côté casting, AMI s’est composé une dream team de vétérans : LeBrun connaît LeCun depuis les labos de Meta, et la bande sera rejointe par Laurent Solly, ancien big boss de Meta Europe. Petit clin d’œil au corporatisme : AMI pourrait même compter Meta parmi ses premiers clients. LeCun n’a pourtant pas froid aux yeux : il n’a pas hésité à publiquement critiquer certaines directions de Zuckerberg, tout en misant sur une IA qui pense hors des cases (et surtout hors du simple texte).
Car, pour l’équipe AMI, les modèles de langage géants commencent à tourner en rond. Qui veut d’une IA qui hallucine ses réponses, surtout dans la santé ou l’industrie ? Avec leurs « world models », LeCun & co veulent bâtir une IA qui retient ce qu’elle apprend, raisonne, planifie, et – cerise sur le gâteau – ne part pas en roue libre. Le startup projette de licencier sa techno pour des usages concrets, mais compte aussi jouer la carte de la science ouverte (publications et open source). Le monde universitaire et la French Tech peuvent souffler : LeCun garde son poste à la New York University et continue de superviser des doctorants (on ne change pas une équipe qui code).
Même si l’ambition d’AMI est globale, son QG sera basé à Paris (cocorico !), au grand plaisir d’Emmanuel Macron, qui s’est empressé de déclarer vouloir tout faire pour que la boîte réussisse « depuis la France ». Le choix hexagonal consolide Paris comme centre névralgique de l’IA européenne, aux côtés de H, Mistral AI et d’autres labos mondiaux. Entre Montréal, New York, Singapour et Paris, AMI se rêve en globe-trotter électronique. Et pour finir sur une note franchement « friendly » : dans l’IA, il vaut mieux avoir un AMI qu’un ennemi !
Source : Techcrunch




