« Un pick-up, c’est comme un café : tout le monde en veut un le matin, mais personne ne sait vraiment pourquoi. » Bienvenue dans le grand cirque des véhicules électriques où, spoiler alert, Jeff Bezos n’est pas juste un spectateur VIP – il est carrément dans le manège. L’histoire du jour nous emmène dans l’univers pétillant de Slate Auto, cette startup EV mystérieusement dopée aux milliards, prête à sortir du brouillard pour devenir la star des chantiers… électriques.
Dernier tour de piste : Slate Auto vient de remplir ses batteries avec une nouvelle levée de fonds de 650 millions de dollars. Pas de chapeau magique, mais plutôt des casquettes de milliardaires bien connues : à la baguette, Mark Walter, PDG de Guggenheim Partners et propriétaire des Dodgers (les vrais savent), épaulé par Thomas Tull, investisseur aguerri. Les « visionnaires investissent », dit-on, mais difficile de voir qui d’autre est derrière ce rideau d’opacité. La transparence, ce n’est apparemment pas leur option favorite lors de la configuration.
En comptant les précédents rounds, Slate affiche à présent un joli pactole : 1,4 milliard au compteur. Parmi les anciens soutiens : General Catalyst, Slauson & Co, l’indestructible Jeff Bezos et un ex-Amazon du nom de Diego Piacentini. Bref, c’est Amazon Marketplace version start-up automobile, avec des fondateurs et une équipe dirigeante tout droit importés du temple de la livraison express, jusqu’au nouveau boss Peter Faricy, lui aussi tombé du Cloud.
L’industrie auto électrique patine, mais Slate, lui, fonce pied au plancher là où personne n’ose aller : le bas de gamme branché.
Pendant que les « grands » de l’auto revoient leurs ambitions de VÉ à la baisse – Tesla tousse, Rivian rame, Lucid cale – Slate avance à contre-courant, prêt à électrifier la rue avec une promesse quasi révolutionnaire : un pick-up électrique dès la « vingtaine de milliers » de dollars. Pas de gadgets hors de prix : ici, on vise le pratique et le pas cher. Pour les joueurs invétérés de Sims, on peut même booster son pick-up de base pour quelques pièces, genre ajouter un kit SUV à 5 000 boules. “Construisez votre bolide comme votre burger préféré !”
Cela dit, fixer les prix, chez Slate, c’est autant une science qu’un art martial : on annonce, on re-annonce, on laisse planer le mystère. Le tarif final ? Rendez-vous en juin, suspense total. Dommage pour ceux qui croyaient repartir avec un pick-up à 19 999 $ après crédits d’impôt, il faudra attendre le prochain épisode.
Malgré les montagnes russes des aides fédérales (adieu le crédit taxé à 7 500$), les clients semblent encore vouloir rouler vert façon économe. Résultat : plus de 160 000 réservations remboursables déjà collectées. De quoi donner le tournis à n’importe quel concessionnaire ! Et pour que tout ce petit monde ne roule pas juste sur un nuage, Slate investit aussi des centaines de millions pour transformer une usine d’impression dans l’Indiana en usine à watts sur roues.
Au final, sous ses airs d’outsider de la bagnole électrique, Slate Auto joue la partition parfaite du « vous en aurez (presque) pour votre argent », avec en chef d’orchestre… Jeff Bezos himself. Comme quoi, quand Slate promet le grand déballage électrique, ce n’est pas juste une page blanche, mais bien toute une nouvelle ligne de conduite.
Et puis, si l’histoire de Slate finit par manquer d’étincelles, ils auront toujours la meilleure punchline pour leurs pick-ups : « Si ça ne marche pas, on les convertira en trottinettes… électriques, évidemment ! »
Source : Techcrunch




