« Si tu veux aller loin, évite les fenêtres… Surtout celles à logo. » Voilà la devise qui semble, ces temps-ci, flotter dans les couloirs feutrés de l’administration française. Car, braves lectrices et lecteurs geeks, la France dégaine son cliché de baguette et slogan “Liberté, Égalité, Linuxité” pour déclarer la guerre à la dépendance américaine. L’Hexagone veut, sérieusement cette fois, zapper Microsoft Windows de ses PC gouvernementaux et troquer la star américaine contre le charme discret d’un Linux, open source, libre et (presque) sans gluten.
Pourquoi ce revirement ? À en croire le ministre David Amiel, il s’agit avant tout d’« avoir la main sur notre destin numérique ». Une déclaration presque digne d’un Jedi de la République, mais façon République française : l’indépendance ou rien ! Finis donc les ordinateurs biberonnés aux outils made in Seattle, et bonjour aux systèmes d’exploitation bricolés, modulables et fièrement “bleu, blanc, rouge” (ou du moins, moins « stars and stripes »).
Mais avant de sortir les cotillons et de réinstaller tout de suite Ubuntu sur l’ordi du Premier ministre, restons sur Terre : aucun calendrier précis n’a filtré, ni la distribution choisie. La migration débutera par la DINUM (oui, c’est leur Digital Agency, et pas un établissement qui sert des nuggets). Quant à Microsoft, silence radio – ils sont probablement trop occupés à mettre à jour leur antivirus ou à sécher leurs larmes sur Clippy, leur trombone déchu.
La souveraineté numérique, c’est comme un bon fromage français : mieux vaut le faire soi-même.
Ces velléités patriotiques ne datent pas d’hier. Depuis que les tensions internationales et les coups de poker made in Trump (captures présidentielles, sanctions aussi imprévisibles qu’un bug Windows Update, et autres joyeusetés) sèment la zizanie, l’Europe se réveille : halte à la dépendance, vive l’autonomie digitale ! D’ailleurs, Bruxelles alimente le mouvement et veut cartographier toutes les zones encore sous influence US. Bref, l’Europe a trouvé son Waterloo numérique, et ce ne sera pas chez Microsoft.
La France n’en est pas à son coup d’essai : fini (ou presque) Microsoft Teams dans les ministères, place à Visio, la solution vidéo made in France, qui s’appuie sur Jitsi, histoire de garder la classe tout en restant souverain. Prochain épisode ? La migration imminente de la plateforme santé française vers un cloud « de confiance » hexagonal. On n’arrête plus l’élan tricolore !
Alors, véritable révolution malicieuse ou simple coup de comm (encore un !) à la française ? Entre enjeux de sécurité, volonté politique et une bonne dose de “on verra bien ce que ça donne”, la transformation numérique hexagonale avance… Sur la pointe des pieds et sans marcher sur les tuiles (surtout celles de Windows).
Car finalement, “ouvrir une fenêtre” peut être risqué… Surtout quand on préfère que tout reste open !
Source : Techcrunch




