« Voyager, c’est grandir. C’est la grande aventure. Celle qui laisse des traces dans l’âme. » – Voilà une citation d’Alexandra David-Néel, mais si elle avait connu l’application WeRoad, elle aurait peut-être ajouté : « …et dans le groupe WhatsApp ! »
Tandis que certains pensent que voyager seul, c’est comme partir en rando avec son grille-pain – un peu inutile, si on préfère le pain de mie en bande – WeRoad vient tout bouleverser avec sa recette maison : l’amitié sur mesure. Cette startup milanaise vient de lever 58 millions de dollars (oui, même les pizzas ne coûtent plus aussi cher), menée par rien de moins qu’Airbnb, pour financer son débarquement outre-Atlantique à Austin, Texas. Fasten your pick-up hats, folks!
Mais loin de n’être qu’une nouvelle usine à réserver son prochain séjour, WeRoad se tourne vers la génération qui préfère les likes IRL (In Real Life, pour les boomers du fond), là où le problème de la solitude rencontre le business de la convivialité. Oubliez les apps qui vous connectent à votre IA préférée : ici, on parle de s’envoyer des memes dans le bus en direction du Machu Picchu avec des inconnus… qui finissent souvent en copains. Parce qu’en 2024, rencontrer des gens, c’est aussi rare qu’une connexion 5G dans certains trains SNCF.
WeRoad préfère les souvenirs partagés aux selfies solo : le social devient la destination.
À l’origine, les fondateurs Paolo De Nadai, Fabio Bin, et Erika De Santi, cherchaient juste une compagnie pour changer d’horizons sans devoir appeler la cousine du collègue du voisin. Ils se sont vite rendu compte qu’être dans un groupe de voyageurs, ce n’est pas forcément être sur la même longueur d’ondes. Leur solution ? Miser sur les affinités générationnelles, créer des groupes homogènes et proposer des thèmes aussi vastes qu’un buffet italien : trek, ski, chill à la plage, trip fromages (OK, celui-ci est à suggérer !).
Le secret sauce ? Dès l’inscription, on rejoint un groupe WhatsApp dirigé par un « group leader » qui fait tout pour casser la glace avant l’embarquement. Pas question de souffrir du syndrome du « je-ne-connais-personne », ici on place l’humain et les fous rires au centre des voyages, avec des activités parfois un peu folles dès les premiers jours – l’occasion de découvrir qui saura sauter d’un rocher et qui mettra trois heures à choisir sa glace (toujours la pistache, ne l’oublions pas).
Pas de guides à gilet fluo chez WeRoad : place aux coordinateurs qui partagent l’âge et l’énergie des participants. À ce jour, plus de 4 000 « group leaders » sillonnent le globe façon chefs de bande, rejoignant des groupes entre huit et quinze âmes en quête d’aventure… et de compères pour partager la note du resto. Et on découvre que 60 % des voyageurs signent pour un second tour – c’est dire si le concept fait mouche !
WeRoad ne s’arrête même plus aux (auto-)cars : après avoir lancé WeMeet, une app pour organiser apéros, joggings et soirées jeux de société, la société a vu passer 50 000 participants dans 35 villes et 150 000 téléchargements de son appli. L’ambition aux USA ? Démarrer à Austin avec la même méthode : grands événements locaux, partenariat communautaire… on imagine déjà le « barbecue & boardgame » sur fond de country.
Alors, la prochaine licorne tech sera-t-elle… une licorne entre potes ? Le temps le dira, mais avec 130 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 (+30% sur l’année passée) et plus de 100 000 globe-trotters embarqués, WeRoad trace sa route. Reste à espérer qu’en misant sur la connexion, personne ne finira à l’aéroport sans son bagage… ou sans ami. Après tout, chez WeRoad, il n’est pas question de partir comme un inconnu, mais de rentrer comme un vieux pote. Et si jamais votre voyage tombe à plat… dites-vous qu’au moins, il y aura toujours le retour de bâton… de selfie.
Source : Techcrunch



