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Credits image : Jakub Żerdzicki / Unsplash

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L’intelligence artificielle va-t-elle révolutionner la surveillance spatiale ?

Comment l’intelligence artificielle est-elle en train de transformer nos satellites et la façon dont nous surveillons la Terre ?

Pour la première fois, un satellite d’observation a localisé, sans intervention humaine, ce qu’il devait chercher dans la masse de données spatiales. Mais pourquoi cet événement, qui s’est produit en avril avec le satellite YAM-9 de Loft Orbital et le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, suscite-t-il autant de remous dans la communauté scientifique ? Faut-il revoir notre vision du rôle de l’IA dans l’espace ?

Jusqu’à aujourd’hui, récupérer des informations d’un satellite relevait souvent de la patience… et de l’expertise humaine. Il fallait télécharger des flux entiers d’images puis les faire analyser ici-bas, soit à coups d’algorithmes, soit à l’œil nu. Désormais, un « vision-language model » (VLM) installé à bord, tel que Gemma 3 de Google DeepMind, permet de cibler des zones spécifiques à partir de simples requêtes en langage naturel. Les outils de tri accélèrent le traitement, mais surtout, ils laissent entrevoir un virage stratégique : le satellite devient acteur, et non plus simple caméra passive.

La prochaine révolution spatiale viendra-t-elle de l’autonomie décisionnelle des satellites embarquant de l’IA ?

Quels sont les véritables enjeux derrière cette avancée ? À court terme, l’IA embarquée promet de filtrer le flux d’images, réduisant le travail ingrat des analystes. Mais à plus long terme, c’est la possibilité de déployer des réseaux entiers de satellites, capables de traquer en temps réel une frontière ou d’alerter sur une activité inhabituelle, qui se dessine à l’horizon – une surveillance « toujours active », selon Paul Lasserre, directeur IA chez Loft. Sommes-nous prêts à externaliser autant de décisions à des machines en orbite ?

Et derrière le fantasme technique, le business s’organise déjà : Loft Orbital propose ses plateformes satellites comme un service informatique, tandis qu’ EarthDaily ou Planet Labs s’intéressent à ces nouveaux capteurs doués de discernement pour raffiner leur offre de données. Le hardware évolue aussi, avec des processeurs Nvidia Jetson Orin embarqués, capables de supporter ces VLM et de faire tourner des modèles toujours plus sophistiqués malgré les contraintes d’énergie et de mémoire du vide spatial.

Jusqu’où cette nouvelle course à l’IA spatiale peut-elle aller ? Kepler Communications, discret sur ses usages d’IA en orbite, admet avoir des cas d’usage non divulgués. Le spectre d’une flotte de 100 satellites autonomes évoqué par Loft laisse présager un bouleversement au sein de toute la filière des infrastructures de surveillance et de calcul en orbite. Les enjeux touchent aussi la conception d’assistants intelligents pour les astronautes, imaginés par les ingénieurs du JPL, dans la perspective des prochaines explorations lunaires ou martiennes.

Enfin, une question s’impose : devons-nous craindre ou célébrer l’arrivée d’une intelligence quasi-autonome dans nos cieux, et qu’advient-il du contrôle humain lorsque la prise de décision se fait là-haut, hors de notre portée directe ?

Source : Techcrunch

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