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Credits image : Nick Chong / Unsplash

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Grindr : une application LGBTQ+ en otage de la finance internationale ?

La question brûle les lèvres : comment Grindr, l’une des applications LGBTQ+ les plus influentes du monde, s’est-elle retrouvée au cœur d’une crise financière personnelle de ses principaux actionnaires, menaçant soudain sa place en bourse ? Avons-nous sous-estimé les dangers liés aux propriétaires privés de nos réseaux sociaux favoris ?

Tout a commencé avec Raymond Zage et James Lu, deux investisseurs poids lourds ayant racheté Grindr pour plus de 600 millions de dollars en 2020. Après avoir fait sortir l’application de la tutelle chinoise pour rassurer les autorités américaines, ils la portent en bourse deux ans plus tard via une fusion à blanc. Mais n’est-il pas étrange que malgré ce parcours musclé, leur contrôle de plus de 60% du capital ait pu précipiter l’application dans une telle tourmente ?

Les deux hommes ont en effet mis en gage presque toutes leurs actions Grindr pour garantir des prêts personnels auprès d’une antenne de Temasek, le fonds souverain singapourien. Pourquoi prendre un risque aussi grand pour leurs finances privées, et par extension, la stabilité boursière de l’entreprise ? Lorsque la valeur de l’action chute subitement à la fin septembre, le gage ne suffit plus : Temasek revend une partie des titres, amplifiant la tempête.

Les doutes sur la solidité de la structure de propriété de Grindr pèsent désormais plus lourd que le succès commercial de l’app.

Ce qui intrigue, c’est que la chute en bourse ne semble pas directement liée à la santé de Grindr elle-même : son bénéfice a pourtant bondi de 25% sur un trimestre. Alors, le problème viendrait-il des inquiétudes autour de la gouvernance, du roulement de ses dirigeants ou du ralentissement de la croissance des marges ? Les investisseurs seraient-ils en train de sanctionner autre chose que la performance financière ?

À présent, Zage et Lu tentent de garder la main sur l’entreprise en la retirant de la bourse, en espérant convaincre Fortress Investment Group de les financer pour un rachat valorisant Grindr à 3 milliards de dollars. Mais Fortress appartient à Mubadala, bras financier du gouvernement d’Abu Dhabi. Cela soulève de nouvelles questions sur la souveraineté des données des utilisateurs LGBTQ+ dans un contexte international plutôt sensible, non ?

Est-ce le coup d’éclat d’une direction qui a trop voulu parier sur l’effet de levier, ou sommes-nous face à un symptôme plus large de l’instabilité propre à la tech mondialisée ? Grindr survivra-t-il à cette saga financière ?

Comment en est-on arrivé à une telle dépendance entre enjeux personnels et stabilité d’une plateforme communautaire aussi influente ? Peut-on imaginer que d’autres apps suivront le même chemin ?

Source : Techcrunch

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