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Credits image : Steve A Johnson / Unsplash

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Quand l’IA prend la manette… et les jambes !

« Les robots vont-ils bientôt nous battre à Fortnite ? Je dis : tant qu’ils n’utilisent pas les cheats codes, tout va bien. » C’est par cette pensée (presque) rassurante que s’ouvre notre incroyable visite chez General Intuition, la startup new-yorkaise qui veut donner à nos machines préférées un cerveau d’athlète… et peut-être même plus d’intuition que votre oncle au loto.

Dès l’arrivée, l’ambiance est fixée : sur un écran, un agent virtuel joue, inlassablement et sans pause pipi, à un jeu de type Fortnite. Pas mal ? Attendez de croiser le quadrupède robotisé qui promène sa démarche hésitante (et ses collisions maladroites avec les poubelles) dans les couloirs. « C’est le même cerveau qui pilote le jeu et le robot, » nous glisse le co-fondateur Pim de Witte avec le sourire du scientifique fier de sa créature.

La magie de General Intuition réside dans sa capacité à passer du monde virtuel à la réalité : les robots apprennent des centaines de millions d’heures de gameplay glanées sur Medal, la plateforme sœur où les gamers uploadent leurs exploits. Ce n’est pas seulement la vidéo du but magistral qui compte, mais bien la trace de chaque bouton pressé au bon moment, un peu comme une partition cachée derrière chaque match de FIFA.

General Intuition veut injecter l’intuition humaine dans l’IA : pas juste imiter, mais comprendre et agir comme nous.

Portée par un récent financement de 320 millions de dollars et une valorisation galactique de 2,3 milliards, la startup s’est bâtie une armée d’investisseurs visionnaires (Jeff Bezos, Eric Schmidt… Le club du milliardaire angoissé par le progrès ?). Leur pari : que le véritable secret pour un robot qui s’adapte au monde réel se cache davantage dans les gestes des joueurs que dans la puissance des supercalculateurs.

Mais attention, ce n’est pas qu’une question de tech. General Intuition revendique une éthique à toute épreuve. Hors de question de voir ses agents devenir des outils militaires : ici, on pense plutôt sauvetage ou logistique que destruction massive. L’équipe, d’ADN très européen, compte même une ex-Palantir recrutée pour ses valeurs.

Et pour prouver qu’ils n’oublient pas les humains, la jeune pousse lance Nerve, un « jobs market » où les gamers peuvent gagner en labellisant des datas ou en apprenant petit à petit à piloter… des robots. Parce que si l’IA prend le relais, autant qu’elle nous embarque (et nous rémunère) dans l’aventure.

L’ambition, elle, est claire comme l’eau de roche : General Intuition ne veut pas inventer la voiture autonome du futur, mais donner à d’autres startups les clefs pour réussir plus vite, plus fort, et surtout plus intuitivement. Reste à voir si le saut du simulateur numérique au vrai béton du monde se fera sans heurts. Une chose est sûre : à force de collecter des datas inédites, la startup espère bien rester maître du « flywheel » de l’apprentissage IA. Mais rappelons-le, chez General Intuition, l’important n’est pas de participer, mais d’anticiper !

Alors, qui sait ? Peut-être qu’un jour, quand vous trébucherez sur une poubelle, ce ne sera pas par maladresse, mais pour montrer à un robot la voie à suivre. Après tout, un peu d’intuition, ça ne fait jamais de mal… ou de mall, dans le cas du robot explorateur !

Source : Techcrunch

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