Comment une plateforme d’apprentissage des langues née à Kyiv est-elle parvenue à défier les géants mondiaux, à traverser une guerre et à entrer dans le club très fermé des « licornes » de la tech ? Quels choix stratégiques ont permis à Preply d’atteindre une valorisation de 1,2 milliard de dollars après un nouveau tour de table de 150 millions ?
Depuis 2013, Preply relie étudiants en quête de maitrise linguistique et tuteurs à travers le monde. Mais sa véritable révolution est récente : devenue profitable sur le plan opérationnel grâce à l’intégration accélérée de l’intelligence artificielle, la start-up se porte désormais mieux que jamais. Quelle est la formule secrète de cette croissance inédite ? A-t-elle trouvé l’équilibre subtil entre innovation technologique et capital humain ?
D’autres poids lourds du secteur, comme Duolingo, n’ont pas été épargnés par la controverse en basculant vers un modèle « IA-first », remettant en question la place des enseignants humains. Chez Preply, le discours officiel est limpide : il ne s’agit pas de remplacer les tuteurs mais de maximiser leur efficacité grâce à l’IA — qui gère déjà la synthèse des cours, les devoirs et les recommandations de professeurs. Mais cette promesse suffira-t-elle à rassurer la communauté éducative ?
Concilier humanité et intelligence artificielle : voilà le dilemme central qui va façonner l’avenir de Preply.
Comment ce géant de l’edtech peut-il continuer à attirer des talents mondiaux — notamment des spécialistes de l’IA pour ses bureaux de Barcelone, Londres, New York et Kyiv — alors que la guerre en Ukraine fait rage ? Pourquoi Preply, dont les fondateurs sont ukrainiens, maintient-elle coûte que coûte sa présence à Kyiv, assurant à ses 150 employés locaux électricité, chaleur et soutien même lors des bombardements ?
Le vécu du conflit a-t-il renforcé la résilience et l’ingéniosité de l’équipe, comme l’affirme Kirill Bigai, le PDG ? D’après lui, c’est précisément l’adversité qui a forgé la culture unique de la société, caractérisée par la solidarité et l’adaptation constante. Mais cette résilience sera-t-elle suffisante pour affronter les défis futurs, notamment face à la concurrence et aux enjeux d’internationalisation ?
Capable d’amasser des fonds impressionnants tout en affichant une stabilité inédite, Preply s’inscrit donc parmi la liste croissante des licornes à ADN ukrainien, à l’instar de Grammarly ou Fintech-IT Group. Va-t-elle bientôt suivre l’exemple d’Airbnb en s’introduisant en bourse, maintenant que le célèbre investisseur Laurence Tosi et son fonds WestCap sont à la manœuvre ?
Reste à savoir si Preply pourra continuer à croître sans renier ses valeurs humaines, tout en s’appuyant sur l’IA pour transformer en profondeur l’apprentissage des langues. La croissance effrénée, le contexte géopolitique compliqué et la mutation digitale ne risquent-ils pas de remettre en question ce fragile équilibre ?
Source : Techcrunch




