“Si l’autonomie c’est la liberté, alors Moove est en route pour libérer tout un parc de voitures… sans les mains !” Bon, assez de philosophie de comptoir, passons au sujet du jour : comment cette startup créée dans le frénétique chaos de Lagos s’est mise à jouer dans la cour des colosses automobiles autonomes… et tout ça avant même d’avoir inventé un GPS capable d’éviter les embouteillages du périph’.
À l’origine, Moove était surtout le genre de boîte qui vous proposait un crédit pour acheter votre taxi, un truc bien humain, sympathique ! Mais le temps passe vite, même sur la route, et les voilà qui décrochent un méga financement de 250 millions de dollars, portant leur valeur à plus de 2 milliards. On est loin du ticket de bus !
Mieux : en trois ans, Moove est passée d’une simple startup nigériane à un empire de 42 000 véhicules, éparpillés dans 14 pays. Et si, pour l’instant, la flotte adore encore le volant bien réel, Moove prépare la révolution en silence. Selon Ladi Delano, leur co-CEO au nom de jazzman, c’est ce passé de gestion et financement XXL qui leur servira bientôt à manier des flottes de véhicules… qui conduisent tout seuls. Et il a une petite question qui tue : “Au fait, qui va nettoyer les sièges après une soirée arrosée d’intelligence artificielle ?!”
Pour Moove, l’intelligence artificielle, c’est bien, mais c’est la vraie intelligence logistique qui fait la différence.
En 2023, Moove s’est donc sorties les doigts des clignotants et s’est vendue aux quatre coins du monde des voitures autonomes à la recherche de partenaires. Coup du destin ou simple coup d’audace : ils se sont retrouvés aux côtés de Waymo (le “Google” de la voiture qui se conduit toute seule), pour opérer la flotte robotisée à Phoenix, Miami, Las Vegas… voire bientôt Londres. Pour le moment, ils n’achètent pas encore les voitures de Waymo, mais ont prévu de contracter un peu plus de dettes (et un peu moins de sommeil) pour devenir le premier proprio façon Airbnb de la robotaxi.
Mais Moove n’est pas du genre à dormir sur ses lauriers (ni sur le siège arrière). L’équipe prévoit d’utiliser ces millions pour embaucher 350 personnes de plus – une petite armée pour optimiser leur business des robots-chauffeurs. En prime, ils inventent des “nids” automatisés où des robots assureront service, recharge et nettoyage des véhicules. La lumière ne s’éteindra donc jamais dans ces garages, ce qui est bien pratique : les robots, eux, ne réclament pas de pause syndicale.
Au total, une quinzaine de ces “nests” sont déjà en développement (rien à voir avec vos nichoirs à moineaux), et même si on ne sait pas encore quand ils sortiront vraiment de leur coquille, on sent que le chantier titanesque a déjà séduit de grands investisseurs du monde entier – du fonds souverain d’Abu Dhabi à Uber, en passant par le fonds de pension de Ontario (c’est dire si la confiance est mondiale… et intercontinentale !).
Finalement, Moove, c’est l’histoire d’une boîte qui n’a pas peur de changer de vitesse dès que la route devient intéressante. Un jour, prêteur de taxi à Lagos, le lendemain, maestro des taxis-robots aux quatre coins du globe. De quoi donner un sacré coup de volant à la mobilité… et rappeler que dans le secteur, il vaut mieux avoir les pneus bien gonflés, mais surtout garder son sens de l’humour, même (et surtout) quand on roule sans chauffeur.
Bref, à la vitesse où Moove avance, bientôt on dira : « Moove, toujours une longueur d’avance… et sans jamais caler ! »
Source : Techcrunch




