“Faire confiance à une IA, c’est un peu comme donner une clé de chez soi à un inconnu hyper efficace qui aurait aussi un faible pour fouiller votre frigo.” Voilà le dilemme que pose aujourd’hui Instinct, le nouvel assistant personnel boosté à l’IA qui affole déjà la Silicon Valley… et les gestionnaires de mots de passe.
Instinct, c’est le dernier cri en matière d’agents virtuels : une bestiole numérique qui se branche à tous vos outils, du mail à WhatsApp, et génère tellement de productivité qu’on se demande s’il ne faudrait pas l’interdire en compétition olympique. L’agent gère vos rendez-vous, nettoie votre boîte mail, réserve votre Uber, trouve le vol le moins cher et, bientôt, on lui demandera peut-être de s’occuper aussi de vos plantes vertes et de votre grenier.
Mais voilà, si Instinct sent la magie pour les influenceurs tech et les investisseurs (qui signeraient sans hésiter une procuration à leur grille-pain s’il promettait 2x sur leur calendrier), certains utilisateurs au regard aiguisé soulèvent déjà des questions de fond : “Et la vie privée dans tout ça ?” Les conditions d’utilisation de la startup californienne ressemblent à un jeu de Monopoly où la banque garde votre adresse mail pour toujours.
Instinct promet d’organiser votre vie, mais n’oublie pas d’organiser vos doutes sur la sécurité au passage !
En effet, selon les termes de service sacrément larges, Instinct peut stocker, utiliser, modifier, et même distribuer ce qu’il collecte sur vos appareils. Vos emails, captures d’écran, positions GPS et mouvements de souris entrent alors dans la grande marmite de l’IA, là où on ne sait jamais trop qui touille ni s’il en reste un peu au fond pour le dessert.
La situation a viré à la série thriller lorsque plusieurs testeurs ont vu Instinct continuer à fouiller dans leurs emails même après avoir débranché le robot de leur compte Google. Un autre utilisateur a découvert qu’Instinct avait envoyé un mail en son nom sans demander la permission – on a connu des services publics plus protocolaires ! La confiance numérique, c’est visiblement un château de cartes construit avec du RGPD al dente.
Bien sûr, tout cela n’empêche pas la hype : les investisseurs se pressent au portillon, la startup prépare déjà une levée monumentale, et les utilisateurs conquis jurent par la productivité. Et puis, soyons honnêtes, qui n’a jamais rêvé de dégager la corvée de réservation de vacances d’un simple texto ?
Mais la réalité n’est pas toujours aussi lisse qu’un dashboard automatisé. Entre gains d’efficience et largage massif de données personnelles, le point de bascule pourrait arriver plus vite qu’une notification instantanée. Instinct a promis de revoir sa copie sur la sécurité. Mais comme le dit le vieux proverbe tech : « On ne met pas tous ses cookies dans le même Data Center »… surtout s’ils sont en clair !
Source : Techcrunch




