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Credits image : Clint Patterson / Unsplash

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IA-raisonnable : Quand Google joue aux pêcheurs de phishings

« Si l’intelligence artificielle est censée écrire notre futur, espérons qu’elle ne signe pas les chèques de notre passé ! » Voilà un adage que Google semble avoir bien compris puisque le géant américain part, cape au vent, à l’assaut d’un empire du cybercrime aussi sophistiqué que les recettes de grand-mère… version IA, bien sûr.

Dans la dernière saison de la série “Les Experts : Silicon Valley”, Google attaque en justice Outsider Enterprise, un réseau de cyber-malfrats basés à l’étranger, accusés d’avoir orchestré une symphonie de fraudes basée sur l’intelligence artificielle. Au menu : usurpation de l’identité de Google (et d’autres marques célèbres), envoi massif de SMS bidons, et collecte sauvage de mots de passe et de numéros de CB. L’objectif ? Braquer des milliers d’internautes, tout en piquant quelques technologies à la maison…

La force de frappe est digne d’un blockbuster improbable : 9 000 faux sites, un million de domaines frauduleux, plus de 2,5 millions de textos en deux semaines ! Et Google, aux aguets, souligne que pas moins de 55 000 spams ont été dénoncés en seulement 15 jours ce mois de mai—c’est deux plaintes par minute. Grâce à ses propres outils dopés à l’IA pour traquer les vilains robots et prévenir les utilisateurs (et même croiser le fer avec l’aide d’AT&T, T-Mobile, Verizon et le FBI, s’il vous plaît), la firme intercepte plus de 10 milliards de messages suspects par mois. Pas de doute, ici, ce sont les bots qui chassent les bots !

Parfois, derrière un simple SMS, c’est tout un orchestre criminel qui joue la carte de l’IA pour voler votre solo de carte bleue.

Depuis juillet 2023, le FBI estime que ce “service clé en main” made in Outsider Enterprise a déjà permis l’arrachage digital de près de 3,9 millions de cartes de crédit pour une perte chiffrée à… 1,9 milliard de dollars. Oui, rien que ça. “Phishing pour les Nuls”, vous connaissez ? Ici c’est “Phishing pour les malins”. Pour 88 dollars la semaine, ou 200 dollars par mois, n’importe quel aspirant arnaqueur (même sans bac en informatique) pouvait générer, en quelques clics et grâce à de l’IA générative, sa propre boutique de faux sites. La formation se faisait même à l’ancienne : sur Telegram, entre compères, pour échanger des techniques et célébrer/surmonter ensemble leurs exploits numériques.

À travers sa plainte, Google expose un business aussi organisé qu’une start-up en pleine croissance : développeurs, fournisseurs de contact, spécialistes des textos automatisés, blanchisseurs d’argent… Chacun a son job, comme dans une entreprise légitime, sauf que là, c’est pour vendre des arnaques et revendre vos données. Parmi les exploits relevés : 1,59 million d’URLs piégées en à peine cinq mois, 36 000 cartes bancaires piratées dans 95 pays, et des templates factices à la pelle pour imiter services, banques, et administrations.

La vraie ironie ? L’IA, arme des scammeurs, est aussi la bouclier du géant Google ! Un joli duel où les lignes de code valsent tantôt chez les hackers, tantôt chez les défenseurs, et où l’on réalise que la technologie, c’est comme la magie noire : ce n’est pas l’outil qui compte, mais qui la manie.

La suite ? Google réclame des dommages, punitions, et l’interdiction totale de nuire pour Outsider Enterprise qui, avec de tels chiffres, porte vraiment bien son nom. Moralité : si l’IA peut tromper beaucoup de monde, mieux vaut l’avoir du bon côté de la force… sinon, on risque d’être “phishé” plus souvent que programmé !

Source : Techcrunch

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