« Il y a trois types de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges, et les tableurs Excel. » Si Mark Twain avait vécu à l’ère des start-ups de la Silicon Valley, il aurait probablement ajouté : « … et la bataille secrète des ingés contre les montagnes de données perdues ! » Voilà le vrai topo caché sous le capot des laboratoires et des entreprises high-tech : leurs secret le mieux gardé, ce n’est pas la recette d’un nouveau microprocesseur, mais bien cette jungle de données qui s’accumule dans tous les coins, parfois même sans laisser de trace.
C’est là qu’Altara entre en scène, basée à San Francisco, avec le style des super-héros du data, armés d’une IA flambant neuve et de 7 millions de dollars de fonds fraîchement gagnés (merci Greylock et cie). Leur objectif ? Offrir aux ingénieurs fatigués un Graal moderne : une plateforme pour enfin réunir tous ces fragments de données qui, jusque-là, adoraient jouer à cache-cache dans des vieux systèmes et des fichiers Excel au fin fond du disque dur.
Dans le film de cette petite révolution, les rôles principaux sont tenus par Eva Tuecke et Catherine Yeo, deux cerveaux nourris à la Harvard sauce IA et particules, passées par Fermilab, SpaceX et Warp. Leur histoire commune n’a pas débuté dans un garage, mais dans une salle de classe, preuve qu’on peut coder une licorne ailleurs qu’au sous-sol des parents.
Altara veut transformer la chasse au trésor des données dispersées en une promenade de santé analytique, façon IA assistée.
Imaginez la scène : une batterie tombe en panne pendant un test. Avant, une horde d’ingénieurs se lançait dans une course folle à travers des fichiers, des journaux de capteurs, des relevés de température, des rapports de panne poussiéreux… Certaines affaires pouvaient durer des semaines, parfois des mois. Désormais ? Altara affirme pouvoir réduire ce supplice à quelques minutes. Dans le monde des scientifiques, c’est un peu comme remplacer un marathon par un sprint de 60 mètres. Plus besoin de poster des petites annonces « recherche info capteurs désespérément », l’IA s’occupe de tout rassembler !
Corinne Riley, du fonds Greylock, explique qu’Altara fait pour les ingénieurs du hardware ce que les SRE font déjà pour les devs logiciels : rendre les défaillances moins mystérieuses et plus… analytiquement sexy ? En gros, quand il y a un bug de code, tout le monde plonge dans la pile d’observabilité ; quand la batterie explose, Altara veut faire la même chose, mais avec l’univers matériel. Et si Resolve (côté logiciel) pèse déjà plus d’un milliard, il se pourrait bien que la nouvelle vague d’IA veuille aussi croquer la part hardware du gâteau.
Évidemment, Altara n’est pas seule à renifler la piste du Graal scientifique. Des jeunes pousses comme Periodic Labs ou Radical AI rêvent d’automatiser la science. Mais là où d’autres rêvent de révolutionner ou d’écraser les dinosaures industriels, Altara préfère jouer les médiateurs, en s’intégrant sans tout casser : une IA layer qui fait la synthèse, sans vouloir tout raser. Sage, mais audacieux.
Tout le monde, investisseurs compris, a les yeux tournés vers ce grand chantier. Riley parie déjà que « l’IA pour les sciences physiques, c’est LA prochaine méga-tendance ». Alors, oui, les données, ça peut toujours sembler ennuyeux. Mais si Altara réussit, demain, chaque défaillance d’un composant sera aussi simple à élucider qu’un épisode de Scooby-Doo. Comme quoi, dans le monde du hardware, il vaut mieux être une Altara qu’une galère !
Source : Techcrunch



