Qui décide vraiment de l’avenir des startups dans l’intelligence artificielle et la cybersécurité ? Qui sont ces investisseurs qui influencent l’écosystème technologique, et pourquoi si peu de femmes en tête de fonds de capital-risque ?
Le nom d’Ashley Smith fait exception. Fondatrice de Vermilion Cliffs Ventures, elle est l’une des rares femmes à diriger seule un fonds en capital-risque. En annonçant la clôture de son deuxième fonds à 25 millions de dollars, la question se pose : comment une telle percée est-elle possible dans un univers si dominé par les hommes ? Quel regard porte-t-elle, en tant qu’ex-opératrice devenue investisseuse, sur ces entrepreneurs qu’elle cherche à soutenir ?
Selon Smith, lever ce nouveau fonds n’a pris que quatre mois, un exploit lorsque l’on sait que nombre d’investisseurs marquent un coup d’arrêt dans le contexte économique actuel. Pourtant, la majorité des capitaux vient de ses investisseurs déjà présents lors de son premier fonds (13 millions de dollars à l’époque). Smith vise entre 500 000 et 1 million de dollars par investissement, avec un objectif clair : accompagner au moins 25 jeunes pousses innovantes sur deux ans et demi, alors que six projets sont déjà en portefeuille. Est-ce une méthode qui bouscule les habitudes des grands fonds ou une autre tentative dans la longue liste des micro-fonds tech ?
Au moment où l’investissement tech semble se complexifier, la stratégie de Smith intrigue et questionne sur l’évolution de la scène startup.
Les réussites passées de Vermilion, comme Keycard dans la cybersécurité et CopilotKit dans l’infrastructure d’IA, suffisent-elles à établir Smith comme nouvelle référence ? Et surtout, peut-on considérer que sa capacité à cibler les fondateurs très techniques et à leur apporter des solutions go-to-market, fruit de son expérience chez Twilio, Facebook ou GitHub, fait vraiment la différence ?
Smith affirme que beaucoup de fonds d’amorçage se concentrent simplement sur le passage à la levée suivante, parfois au détriment de l’accompagnement terrain. En misant sur la transmission de ses erreurs et de celles qu’elle a observées, Smith propose-t-elle un changement de paradigme ou simplement un argument marketing ? Peut-on vraiment apprendre à vendre à des équipes de développeurs et de sécurité sans s’y être soi-même frotté ?
Alors que les montants investis dans l’IA et la cybersécurité s’envolent, Vermilion Cliffs Ventures tentera-t-il d’ouvrir la voie à plus de diversité parmi les investisseurs, ou restera-t-il une exception ?
Finalement, à part une stratégie innovante et quelques deals prometteurs, le secteur du capital-risque est-il prêt à accepter des profils différents et à s’ouvrir à d’autres voix, ou les success stories féminines resteront-elles minoritaires ?
Source : Techcrunch



