« Investir, c’est parier sur le futur… mais sans avoir la boule de cristal ! » Voilà une maxime qui pourrait bien résumer la dernière manœuvre (de maître ?) de Seedcamp. Après 18 ans à cultiver son jardin européen, le célèbre fonds d’investissement fait ses valises et met le cap sur les États-Unis, avec une cagnotte de 320 millions de dollars dans la besace. Amérique, prépare-toi à être Seed-campé !
Petite devinette : qu’obtient-on quand on double la mise ? Un Seedcamp VII bien musclé, avec 220 millions de dollars pour miser sur les jeunes pousses européennes (et maintenant américaines), et un nouveau bébé baptisé Select, gonflé à 100 millions pour chouchouter les pépites déjà bien lancées. Pour Seedcamp, il ne s’agit pas de tout mettre dans le même panier : d’un côté, on sème, de l’autre, on arrose – la main verte version capital-risque.
Mais pourquoi cette soudaine envie d’aller respirer l’air de Manhattan ou de sentir la brise de Miami ? Selon Reshma Sohoni, grande cheffe d’orchestre chez Seedcamp, il est grand temps d’enfiler ses baskets pour connecter plus vite et plus fort startuppers… et investisseurs américains. Parce que oui, la Silicon Valley, telle un vieux tube de l’été, est de retour en boucle dans la playlist mondiale des entrepreneurs.
Le capital-risque adore les déménagements : après l’Europe, l’Amérique n’est plus un « rêve américain », mais bien un business plan !
La méthode Seedcamp ? Être le premier à croire à une idée tellement fraîche que même la grand-mère du fondateur n’y croit pas encore. Leur track record parle pour eux : les noms de Revolut, Wise ou Synthesia, entre autres, scintillent dans leur portefeuille comme des emojis « licorne » dans Slack. Résultat : 12 licornes, plus de 550 startups et près d’un milliard de dollars sous gestion. Sérieusement, qui a dit que la licorne était un animal imaginaire ?
Avec cette nouvelle cagnotte, Seedcamp VII prévoit de faire pleuvoir des premiers tickets d’environ 1 million de dollars sur une centaine de startups, tandis que Select appuiera sur l’accélérateur aux séries B et au-delà, avec des billets de 3 à 5 millions. Autant dire qu’ils ne viendront pas à la fête les mains vides !
La dream team derrière cette levée est un véritable patchwork d’alliés solides : British Business Bank, HarbourVest, Schroders, Sofina, mais aussi – plot twist ! – 80 fondateurs de leur propre portfolio qui rejouent le rôle des business angels. À ce rythme-là, on va finir par créer une start-up de business angels… pour business angels.
Dernier message pour les futurs candidats : si vous rêvez d’un Uber pour vaches volantes ou d’une marketplace pour licornes à paillettes, passez votre chemin. Seedcamp préfère les projets qui ne dévorent pas l’argent au petit-déjeuner. Le mot d’ordre : on investit sur du commercial, pas sur des gouffres financiers – désolé les capital-intensifs, ce n’est pas votre tour.
En résumé, Seedcamp ne se contente pas de planter des graines. Ils font pousser une forêt transatlantique, arrosée à coups de millions (et de connexion Wi-Fi, bien sûr). Reste à savoir si les startups américaines feront aussi bien germer que leurs cousines européennes – ou s’il faudra leur envoyer un tuto “comment lever des fonds sans perdre ses racines”.
Source : Techcrunch




