« L’intelligence artificielle, c’est comme les blagues de papa : tout le monde en parle, mais tout le monde ne les comprend pas ! » Voilà l’ambiance qui régnait lors de la dernière Connect de Meta, où le génial Mark Zuckerberg a dégainé son nouveau joujou : l’agent IA Muse. Spoiler : ce n’est ni un nouveau casque de réalité virtuelle ni un successeur à Messenger, mais une tentative ultra grand public de s’inviter dans votre quotidien… pour mieux vous recommander des pubs ?
Alors que Google, OpenAI ou Anthropic privilégient les gros contrats B2B et les outils pour développeurs à chemise blanche, Meta a choisi de sortir des sentiers battus. Son IA prend la forme d’une gentille créature façon Tamagotchi (nostalgiques des années 90, c’est votre moment !), que Marko assure être « pour adultes seulement ». Mais ne vous y trompez pas : sous ses allures kawaii, Muse vise surtout à séduire des utilisateurs lambdas, plutôt qu’à vendre du rêve aux pros de la tech.
Lors d’un épisode récent du podcast Equity de TechCrunch, Sean O’Kane a pu tester Muse. Résultat ? L’IA lui a trouvé de l’argent oublié à son nom (on croirait une émission de télé-réalité), mais l’effet ne dure qu’un temps. « C’est plutôt un tour de magie de soirée qu’un outil indispensable », confie-t-il. En d’autres termes, Muse amuse, mais question utilité sur le long terme, c’est encore la fête du slip.
Entre une mascotte d’IA mignonne et une collecte de données invasive, on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser.
Mais attention au revers de la médaille ! Utiliser Muse, c’est aussi donner à Meta accès à des tonnes d’informations sensibles. Et rappelons-le : le principal business de Meta, c’est de vendre de la publicité ciblée. Comme le rappelle Sean, « plus ils en savent sur nous, plus les pubs deviennent précises… Youpi ? ». Bref, à trop vouloir nous aider à retrouver nos cents perdus, Meta risque-t-il d’en apprendre un peu trop ?
Face à une concurrence obsédée par l’entreprise, Meta parie tout sur un usage grand public et multiplie les promesses : canceler vos abonnements inutilisés, surveiller vos finances, ou retrouver l’intégralité de vos mails perdus entre deux newsletters sur le tricot. Mais cette stratégie n’est-elle pas aussi risquée qu’audacieuse ? Car si certains sont déjà rebutés à l’idée de confier autant d’infos à leur téléphone, imaginez quand c’est Meta qui s’en occupe…
Certains testeurs, comme Sean, relativisent. Muse n’a pas immédiatement cherché à se connecter à tous ses comptes. On pourrait presque croire à un moment de respect pour la vie privée ! Presque… Car, au fil de l’utilisation, la machine vous invite gentiment à tout lier, de Facebook à WhatsApp en passant par Gmail. Pratique, certes, mais un peu trop « collant » pour les plus prudents.
Le vrai défi sera donc la confiance : entre la peur de voir ses données finir à la sauce publicitaire et l’envie d’avoir « son » assistant IA rien qu’à soi, les utilisateurs restants risquent d’hésiter avant de tout confier à Muse. Peut-être qu’un jour, on dormira vraiment à côté de notre IA. Mais d’ici là, il faudra convaincre… et ne pas se contenter de tours de passe-passe ponctuels. Car pour Meta, il ne suffit pas d’avoir la Muse, encore faut-il inspirer confiance !
Alors, Meta Muse, plus museau que muse ? En tout cas, avec ses tricks d’IA, elle saura toujours flairer les bonnes pubs – et peut-être même vos vieux sous !
Source : Techcrunch




