OpenAI prépare-t-elle déjà l’après-ChatGPT ? Derrière un dîner mondain sur fond de vue imprenable sur Alcatraz et de plats luxueux, quelle stratégie orchestre Sam Altman pour faire évoluer la célèbre entreprise d’IA ? Quelles ambitions se cachent derrière les échanges énigmatiques d’Altman et de son équipe lors de cette soirée à San Francisco, et que disent-ils vraiment de l’avenir d’OpenAI ?
Lorsque Sam Altman, CEO d’OpenAI, fait son entrée spectaculaire, son iPhone « nu » étonne. Doit-on s’arrêter là, ou y voir une nouvelle façon d’incarner l’audace assumée de la marque ? L’anecdote prend de l’ampleur quand le PDG plaisante sur la beauté de leur futur appareil IA, sur lequel il menace « à la blague » de pourchasser quiconque oserait le recouvrir d’une coque. Où s’arrête le marketing, où commence la vision stratégique ?
Mais au fond, ce dîner entre journalistes et membres d’OpenAI lève surtout plus de questions que de réponses tangibles. Pourquoi Nick Turley, le vice-président de ChatGPT, sert-il une brochette d’agneau à la presse quelques jours à peine après le lancement décevant de GPT-5 ? Cherche-t-il à amadouer les rédacteurs alors que le modèle phare, tant attendu, n’égale finalement que la concurrence et doit restaurer certaines fonctionnalités abandonnées trop vite ?
OpenAI tente-t-elle déjà de modeler sa propre révolution, loin de l’ombre portée par ses premiers succès ?
La question n’est pas anodine. Plus la soirée avance, plus s’impose une certitude : OpenAI veut être perçue désormais comme une société totale, prête à secouer la recherche en ligne, le hardware et le logiciel d’entreprise, bien au-delà d’un simple éditeur d’intelligence artificielle générative. Les confidences tombent : Fidji Simo, venue d’Instacart, pilotera d’ici peu le lancement de plusieurs applications grand public, dont un navigateur concurrent de Chrome et peut-être même un réseau social repensé autour de l’IA. Altman va-t-il jusqu’à envisager le rachat de Chrome ou s’agit-il simplement d’un coup de bluff ?
Dans ce bal de déclarations, l’objectif de dépasser l’emprise médiatique de ChatGPT est clair. Même la perspective d’investir dans Merge Labs, une startup de brain-computer interface, est évoquée, histoire de concurrencer directement Elon Musk et Neuralink. Mais jusqu’où ira l’imbrication entre ces nouveaux projets et les modèles d’OpenAI ? Sont-ils de véritables piliers d’avenir ou simples pistes exploratoires ?
Le malaise subsiste autour de GPT-5 et de son accueil mitigé : Altman reconnaît que la transition a été bâclée – aucune annonce, polémique autour de la “chaleur” des réponses. Mais la stratégie, elle, se précise : rendre les modèles plus humains, sans tomber dans la flatterie ni l’évitement des comportements toxiques. Faut-il s’inquiéter de la dépendance psychologique de certains utilisateurs, même si OpenAI assure agir en collaboration avec des experts de santé mentale ?
Et malgré tout, GPT-5 dope l’activité de l’entreprise : API saturées, afflux de nouveaux clients, records de trafic. Y a-t-il vraiment un risque de stagnation, ou sommes-nous témoins d’une mutation stratégique assumée ? En multipliant les paris (hardware, cloud, robotique, énergie), Sam Altman cherche-t-il à bâtir un « nouvel Alphabet » – un empire capable de réinventer son identité à chaque cycle ?
Finalement, ce n’est plus tant l’avenir de ChatGPT qui se joue, mais celui d’une entreprise avide d’échapper à sa propre image publique. L’intention est-elle de prendre le large lors d’une future introduction en bourse ? Ou de s’assurer que la prochaine grande histoire sur OpenAI ne sera plus jamais résumée à un simple chatbot ? Mais alors, jusqu’où OpenAI est-elle prête à aller pour ne plus être prisonnière du produit qui l’a rendue célèbre ?
Source : Techcrunch




