« L’intelligence artificielle, c’est facile : il suffit d’avoir raison plus rapidement que ses concurrents – ou de les empêcher de jouer ! » Bienvenue dans le feuilleton du moment : Meta, WhatsApp et ses amours contrariées avec la concurrence européenne. Spoiler : ici, le robot qui contrôle les autres ne fait pas rire tout le monde.
Depuis octobre, Meta a eu l’idée – brillante ou monopolistique, selon le camp – de bannir les chatbots IA « généralistes » (comprenez ChatGPT & Cie) de son API WhatsApp Business. En clair, si vous vouliez discuter de poésie avec une IA venue d’ailleurs que Meta, il faudra trouver une terrasse de café. Non, Meta préfère garder les clés de la discussion à son propre assistant, Meta AI, en repoussant les autres acteurs comme OpenAI ou Perplexity. La raison officielle ? « L’API n’est pas conçue pour accueillir tous ces bots qui veulent s’incruster à la fête. » Autant dire que l’Europe a trouvé la blague un peu amère.
Mais attention, tout n’est pas interdit sur la planète WhatsApp ! Les commerces proposant du service client IA peuvent toujours papoter avec vous, tant que ce n’est pas une IA de type discussion générale, c’est validé par la maison verte. En résumé : chatbot produit frais du magasin, oui, chatbot qui connaît la recette d’Aligot et la météo de Jupiter, non. La subtilité ne plaît pas à tout le monde.
Meta veut être le seul à discuter… et l’Europe compte bien en placer une !
L’Europe a donc décidé de sortir sa loupe, direction Menlo Park ! La Commission européenne s’inquiète que cette règle ne barre la route à la concurrence dans tout l’Espace Économique Européen. L’argument : Meta se réserve WhatsApp pour son propre assistant, privant les autres IA d’un accès à la conversation. Pendant ce temps, Meta AI fait la fête, les autres sont sur le trottoir (en train de rafraîchir leur page d’accueil, probablement).
La Commission a fait savoir – avec tout le flegme institutionnel de rigueur – qu’elle aime quand « les marchés de l’IA bourdonnent d’activité ». Elle ne veut surtout pas que Meta joue les videurs de boîte de nuit numérique. Si jamais ils estiment que Meta a dépassé la ligne jaune, attention : l’amende pourrait grimper à 10 % du chiffre d’affaires mondial du groupe. Ça fait cher la discussion groupée.
Côté WhatsApp, on joue la sérénité : les accusations sont « sans fondement » et tout le monde peut utiliser l’IA de son choix, grâce à mille solutions autres (mails, app stores, signaux de fumée, pigeon voyageur IA, etc). Et si l’API est saturée, c’est pour des raisons purement techniques, juré-craché. Bref, on est loin du film d’anticipation où les robots s’entraident : ici, c’est plutôt « Chacun sa messagerie, et les bots seront bien gardés ».
En attendant le verdict, les débats sur la concurrence risquent d’être aussi animés qu’une conversation WhatsApp de groupe le samedi soir. Espérons que la Commission aura le dernier mot… ou plutôt, l’emoji le plus approprié ! Allez, pour finir, on dira simplement que dans cette histoire, Meta veut avoir le dernier bot !
Source : Techcrunch




