« Un robotaxi par n’importe quel autre nom sentirait-il aussi bon ? » Voilà une question que Shakespeare se serait assurément posée s’il avait eu affaire à Waymo et son nouveau véhicule autonome fraîchement baptisé… Ojai. Si, comme moi, vous pensiez qu’Ojai était juste un nom idéal pour un spa, détrompez-vous ! C’est désormais aussi celui d’un minivan plein de capteurs, prêt à vous dire bonjour… sans jamais lever les yeux au ciel.
Eh oui, après trois années de peaufinage, de tests et de changements de nom presque dignes d’un festival de comédiens, la navette robotisée conçue avec le constructeur chinois Zeekr abandonne l’anonymat du sigle « RT » pour revêtir un patronyme zen et feel-good inspiré d’un village arty perdu au-dessus de Los Angeles. Les usagers américains peu familiers—ou pas fans—de la marque Zeekr, auront bientôt droit à un accueil personnalisé : le véhicule leur glissera à l’oreille un vibrant « Oh hi, [prénom] ! ». Plus poli, on ne fait pas.
Mais au-delà du jeu de mots et du parfum frais du branding, ce changement ne doit rien au hasard. On peut y voir un subtil coup de pinceau marketing pour faire oublier, en douce, l’origine chinoise de son géniteur, à un moment où l’étiquette made in reste encore un sujet sensible à bord des autoroutes américaines. Qui aurait cru qu’un simple bonjour pouvait faire autant de diplomatie sur quatre roues ?
Dans le monde des robotaxis, parfois il suffit d’un nouveau nom pour changer de trajectoire… et d’image !
Pour les curieux, rappelons que Waymo avait embarqué Zeekr à bord de son aventure en 2021, dévoilant l’année d’après un concept de robotaxi presque trop mignon, entièrement pensé pour la mobilité du futur. Mais si le premier prototype, entre ses spirales d’oiseaux et ses essuie-glaces miniatures (mention spéciale à la micro-innovation !), n’avait pas de volant, la version Ojai en a finalement un… au grand dam des plus extrémistes du sans-chauffeur. Faut croire qu’à la conduite autonome aussi, on aime parfois garder une main sur le passé.
Question hardware, rien n’a bougé : 13 caméras, 4 lidars, 6 radars et un essaim de récepteurs audio surveillent la route, prêts à tout sauf à faire la sieste. La peinture, elle, a troqué son bleu « start-up cool » pour un argenté plus classique, prouvant qu’on peut changer de look sans changer ses circuits.
Avant de vous précipiter sur le trottoir le plus proche, notez : pour l’instant, seuls les salariés de Waymo (et leurs amis chanceux) ont l’insigne honneur de tester l’Ojai dans les rues de San Francisco et Phoenix. Mais le lancement pour les vrais clients approche. À l’horizon : une vague d’extensions pour la flotte de Waymo, de Las Vegas à Londres, histoire de faire dire « Oh hi! » au monde entier… et pourquoi pas bientôt en français ?
En résumé, la recette de Waymo, c’est un zeste de rebranding, une pincée de techno chinoise rebaptisée, le tout servi avec un sourire robotisé et des essuie-glaces high-tech. Finalement, dans la Silicon Valley, pour réussir, il suffit parfois de sortir du lot… et d’oser dire bonjour!
Source : Techcrunch




