Boucle d’or, boucle d’argent : Quand l’IA tourne en rond et le marché encaisse

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Boucle d’or, boucle d’argent : Quand l’IA tourne en rond et le marché encaisse

Dans la jungle technologique contemporaine, l’alliance OpenAI-Microsoft, c’est le soap opera aux airs de saga comptable où l’amour se mesure au nombre d’algorithmes et le divorce menace à chaque nouvelle facture de serveurs. Ce ménage à treize milliards contient tous les ingrédients de la tragédie grecque moderne : échange de bons procédés, partage de recettes dignes des noces de Rothschild, et opaque valse des zéros où la transparence se cache derrière les rideaux de data centers suralimentés. On n’est pas loin du triangle amoureux — sauf qu’ici, ce sont les serveurs Azure, AWS et CoreWeave qui font office de maîtresses occasionnelles, et que chacun rêve de garder la plus grosse part de gâteau, quitte à prêter la vaisselle à l’adversaire.

Mais l’histoire du couple OpenAI-Microsoft n’est qu’un épisode sur la carte du tendre capitaliste où tout se négocie dans la pénombre des conseils d’administration. Car pendant que la fine fleur de la Valley échange des milliards à coups de brevets, c’est un autre mariage qui inquiète : Nvidia s’acoquine avec Groq, jeune rival à l’architecture plus véloce que ses aînés, et sabre un chèque de 20 milliards dans une course qui ne connaît ni règle ni arbitre. Éliminer le gêneur ou absorber l’innovation ? De la Silicon Valley aux arrières-salles du Texas, le code se confond avec la stratégie. L’ampleur des rachats sert-elle la compétition ou, comme une bonne vieille OPA, stérilise-t-elle le terreau de la nouveauté ?

Car derrière chaque pacte ou acquisition se cache la même promesse publicitaire : améliorer la vie, livrer plus vite, modéliser des sociétés parfaites… à condition que la machine tourne, sans jamais s’arrêter pour recharger l’éthique ou interroger l’humain dans l’équation. Cette même logique pragmatique irrigue la transformation des routes californiennes, où les camions autonomes surfent sur la vague de la déréglementation. Sous couvert d’innovation logistique, on oublie volontiers la bataille sociale qu’entraînera l’effacement, progressif mais inéluctable, du conducteur humain, garant de la vieille école, désormais simple backup face à l’avènement du silicium sans affect.

À force d’automatiser la rentabilité, qui paiera la facture de l’innovation sans pilote ni contre-pouvoir ?

L’absence de réponses claires, chez OpenAI comme chez Microsoft, quant au partage des butins, fait écho au flou des réglementations sur les poids lourds autonomes comme à la concentration de talents IA chez Nvidia. Tout le monde loue la transparence, mais chacun préfère que les chiffres, les codes et les trajectoires s’effacent derrière les nuages (cloud, bien sûr) et les clauses de confidentialité. Le progrès s’emballe, mais la société, elle, peine à suivre la cadence des alliances opportunistes et rachats préventifs, où chaque question sur la sécurité, la diversité ou l’emploi reste lettre morte tant qu’il en coûte trop cher de l’éclaircir.

L’informatique aurait dû libérer la création et ouvrir la voie à l’intelligence collective. Mais, à observer le bal des fusions et les essais de camions sans chauffeurs, ne sommes-nous pas en train d’assister à une translation du pouvoir technologique, et à une uniformisation des possibles dictée non par l’éthique de l’innovation mais par la seule optimisation financière ? Pourvu que la prochaine panne ne soit pas celle de notre imagination collective.

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