« Rater la fac pour réussir dans la tech, c’est un peu comme commander un café sans caféine : c’est tendance, mais est-ce que ça marche vraiment ? »
Depuis qu’on se murmure à la machine à café que Steve Jobs, Bill Gates et Mark Zuckerberg ont réussi sans finir l’université, la figure du fondateur drop-out fait rêver tout aspirant entrepreneur un peu pressé. Pourtant, si on gratte la surface (ou qu’on fait deux clics sur Google Scholar), la plupart des études montrent que les fondateurs de startups à succès, eux, préfèrent finir leur licence, voire empiler un master, au passage.
Mais la startup nation adore les mythes ! Ces derniers mois, notamment lors des fameux « Demo Days » de Y Combinator, la mode revient fort : balancer fièrement « drop-out » dans son pitch comme si c’était un badge honorifique. Katie Jacobs Stanton, star du capital-risque (et pas drop-out elle), confie même qu’abandonner la fac est devenu carrément une « credential », une sorte de diplôme alternatif qui fait grimacer les doyens mais qui attire les investisseurs, apparemment fascinés.
La hype du dropout n’est peut-être qu’une bulle, mais elle fait mousser tout l’écosystème startup.
Pourtant, petite pluie froide sur la fête : la majorité des visages de l’IA aujourd’hui sont, ô surprise, des diplômés – et pas des moindres. Michael Truell (Cursor) vient du MIT, Scott Wu (Cognition) est sorti d’Harvard, et peu de licornes sont montées dans le garage d’un lycéen en fugue. Cependant, la peur du « big miss » rôde : et si finir son diplôme, c’était rater le train de l’IA qui ne passe qu’une fois ? Certains, comme Brendan Foody (Mercor), claquent quand même la porte de Georgetown pour plonger dans le bain bouillonnant du business.
Dans ce grand théâtre du FOMO (« Fear of Missing Out », pour les anciens qui lisaient déjà TechCrunch en 2012), chaque étudiant ultraconvaincu se dit qu’il vaut mieux bâtir la prochaine pépite plutôt que d’obtenir le diplôme que tout le monde a déjà. Mais attention à ne pas confondre vitesse et précipitation ! D’ailleurs, certains investisseurs tempèrent la tendance : Yuri Sagalov, de General Catalyst, souligne qu’entre drop-out de première année et abandon stratégique à la dernière minute, la nuance est de taille. Pour lui, LinkedIn jugera : souvent, le simple fait d’avoir été à Stanford compte autant que d’en sortir diplomé.
Et si vous pensez que tout le monde veut parier sur les jeunes génies, détrompez-vous ! Pour Wesley Chan, fondateur de FPV Ventures, miser sur un drop-out, c’est bien joli, mais la vraie valeur, c’est la sagesse – celle qu’on attrape après quelques bonnes raclées sur le terrain, et pas en annulant son inscription à la veille du partiel de stats.
Alors, faut-il brûler son diplôme pour flamber dans l’IA ? Rien n’est moins sûr… Une chose est certaine : école ou drop-out, ce qui compte n’est pas la ligne sur le CV, mais d’avoir des idées qui font des étincelles. Après tout, dans la tech, soit on innove, soit on décroche… le téléphone pour rappeler sa conseillère d’orientation !
Source : Techcrunch




