Comment Hollywood va-t-il changer de visage après l’annonce de la fusion géante entre Paramount Skydance et Warner Bros. Discovery ? Le retrait de Netflix de la compétition a-t-il été le déclencheur inattendu d’un bouleversement majeur dans l’industrie du streaming ?
Lundi, David Ellison, nouveau patron de l’entité combinée, a surpris les investisseurs : Paramount+ et HBO Max fusionneront pour ne former qu’une seule plateforme. S’agit-il simplement d’une nouvelle offre de contenus ou d’une tentative de créer un mastodonte du divertissement capable de rivaliser avec Netflix et Disney+ ? Avec des franchises mondialement reconnues comme « Harry Potter », « Top Gun », « Game of Thrones » et « Yellowstone », la promesse de placer « la créativité au centre de la stratégie » suffira-t-elle à rassurer les artistes et le grand public ?
Ellison affirme pourtant : « HBO doit rester HBO. » Mais faut-il le croire sur parole face à une concentration aussi massive des titres et des talents ? La promesse d’une trentaine de films en salles chaque année n’est-elle pas surtout destinée à rassurer les studios traditionnels inquiets de voir l’industrie du cinéma supplantée par les plateformes numériques ?
La fusion de Paramount et Warner Bros. Discovery ouvre une ère inédite mais soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Ce méga-rachat, chiffré à environ 110 milliards de dollars, confirme une tendance lourde : la concentration des plateformes de streaming. Après Disney+ et Hulu, faudra-t-il désormais compter avec un « HBO Paramount » aux 200 millions d’abonnés ? Mais dans la course à la taille, quelle place reste-t-il pour la diversité éditoriale et la pluralité des voix ?
Les autorités américaines, quant à elles, font déjà entendre leurs craintes : risque d’abus de position dominante, réduction de la concurrence, menace sur l’emploi et l’indépendance des rédactions, notamment chez CBS et CNN. Les liens politiques de la famille Ellison avec Donald Trump ne font qu’exacerber les soupçons pesant sur la liberté de ton de certains médias du groupe. L’inquiétude monte aussi parmi les salariés, qui redoutent les licenciements et la baisse des salaires annoncés en coulisses.
Selon David Ellison, la logique est pourtant « pro-concurrence, pro-consommateur et pro-création », une promesse que la communauté créative mondiale sera appelée à vérifier. Mais Hollywood et le reste du marché auront-ils réellement plus de choix, ou se retrouveront-ils enfermés dans un oligopole encore plus puissant ?
Tous ces bouleversements posent une question centrale : cette course à la taille et au contrôle du contenu profitera-t-elle vraiment aux spectateurs et à la créativité… ou annonce-t-elle la fin d’une ère pour la diversité culturelle dans le numérique ?
Source : Techcrunch




