« Un nouvel ascenseur dans l’organigramme, attention à la marche! » Voilà ce qu’on pourrait entendre dans les couloirs sophistiqués de Lucid Motors, où tout est enfin monté d’un cran avec l’arrivée d’un nouveau patron. Après plus d’un an de recherche digne d’un épisode de “Qui veut recruter mon CEO?”, Lucid Motor vient de faire son choix : place à Silvio Napoli, ex-grand chef liftier chez Schindler, le géant mondial de l’ascenseur et de l’escalator. On espère que chez Lucid, il saura faire grimper les chiffres – sans bouton d’arrêt d’urgence si possible.
Rien n’est simple pour la marque californienne : entre le départ impromptu de son ancien boss Peter Rawlinson (a priori sans délit de fuite en Lucid Air), une transition complexe menée par l’intérimaire Marc Winterhoff, et une série de soucis techniques sur le Gravity SUV… on comprend pourquoi il fallait un chef habitué aux montées et descentes. M. Napoli, en plus de prendre la barre, entre aussi au conseil d’administration pour s’assurer que tout le monde garde les pieds sur terre – même à bord de véhicules électriques futuristes.
Mais attendez, ce n’est pas tout ! Lucid ne se contente pas de changer de capitaine : le constructeur auto-electrique attire aussi les gros investisseurs. Uber a mis un nouveau billet de 200 millions de dollars sur la table, histoire d’acheter 25 000 véhicules « robotaxi-ready ». Résultat : plus de 500 millions de dollars engagés, et une commande totale qui grimpe à 35 000 voitures. On en connaît qui vont faire des siestes sur la banquette arrière.
Entre licenciements secs et investissements dorés, la route de Lucid Motors prouve qu’un virage stratégique n’est jamais sans embouteillage.
Et quand on parle gros sous, difficile de ne pas évoquer le fonds d’investissement public saoudien, qui vient de remettre 550 millions de dollars au pot. Pour rappel, c’est déjà grâce à l’Arabie Saoudite que Lucid roule encore, leur soutien ayant sauvé la boîte de la panne sèche en 2018. On est loin du simple coup de pouce… c’est plutôt un coup de levier géant !
Mais tout cet argent ne tombe pas pour rien : Lucid se retrouve face à un tournant crucial. En effet, la marque veut accélérer la production de son Gravity SUV et s’attaquer à de nouveaux marchés avec une plateforme milieu de gamme aux alentours de 50 000 $. Besoin de main-d’œuvre ? Pas trop, manifestement : après le licenciement de 12 % de ses effectifs en février (merci l’efficacité), la firme taille aussi dans son équipe de sous-traitants côté Arizona. Flexibilité ou fragilité, seul l’avenir tranchera.
Petit bémol cependant : Silvio Napoli ne pourra pas prendre la direction tout de suite. Il doit d’abord obtenir son visa de travail américain (personne n’avait pensé à un robot CEO, non ?). En attendant, il siègera tel un noble helvète au conseil d’administration, pendant que Winterhoff jouera les chefs en intérim. Dès que le feu vert administratif sera donné, Napoli montera à bord façon business class avec un package digne d’un jackpot : 1,5 million de dollars en salaire de base, un joli bonus pour déménagement, et une montagne d’actions à surveiller au tableau d’affichage.
Au fond, entre rachats massifs, nouveaux contrats de robotaxis et courses pour la rentabilité, Lucid Motors prend tous les virages : à droite pour innover, à gauche pour serrer les coûts, et tout droit vers un avenir où il vaudra mieux rester attaché… sa ceinture de sécurité. Et si la transition est réussie, on pourra dire de Napoli qu’il aura vraiment su faire l’ascenseur social… électrique !
Source : Techcrunch




