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Credits image : Keith Tanner / Unsplash

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Jusqu’où irons-nous dans la lecture de nos pensées ?

La technologie capable de lire dans nos pensées est-elle toujours de la science-fiction, ou sera-t-elle bientôt portée dans nos sacs à dos et sur nos têtes ? Les interfaces cerveau-ordinateur (ou BCI pour Brain-Computer Interface) connaissent aujourd’hui une accélération fulgurante. Mais à qui profiteront vraiment ces innovations, et à quel prix ?

Tandis que certaines entreprises, comme Neuralink, misent sur des implants cérébraux invasifs, Neurable prend le pari de la non-invasivité. Leur ambition : permettre à n’importe qui de contrôler des appareils électroniques via ses pensées, sans chirurgie, grâce à des capteurs EEG intégrés dans des objets du quotidien. Mais peut-on véritablement parler de “lecture de pensée”, ou s’agit-il avant tout d’une capacité à décoder certains signaux cérébraux ? À chaque nouvelle étape, la frontière entre fantasme et réalité semble s’amenuiser.

Récemment, Neurable a levé 35 millions de dollars pour accélérer la commercialisation de sa technologie. Pourquoi tant d’investissements maintenant ? Est-ce que le marché des objets connectés – casques, casquettes, lunettes – est prêt à accueillir une telle révolution ? Déjà, la société annonce vouloir licencier sa technologie à de grandes marques, dans l’espoir de la voir intégrée dans des produits destinés aussi bien aux athlètes qu’aux gamers, ou même à la recherche en comportement humain. Les exemples ne manquent pas : un partenariat avec HyperX vise à doper la concentration des joueurs de e-sport, tandis qu’iMotions intègre déjà le casque Neurable à ses recherches.

Où se situent les limites de telles promesses commerciales ? Est-ce qu’effectuer un suivi poussé du cerveau ne risque pas de menacer la sphère privée des utilisateurs ? La tentation de la collecte massive et continue de données, même anonymes, risque de créer de nouvelles brèches dans la protection de nos vies mentales.

La neurotechnologie veut devenir aussi commune que les capteurs de fréquence cardiaque, mais sommes-nous vraiment prêts à donner accès à nos pensées ?

Face à ces enjeux, Neurable dit prendre les devants en matière de confidentialité et de sécurité des données. Mais que recouvre réellement l’anonymisation des données cérébrales quand des informations aussi sensibles peuvent circuler ? Le CEO, Ramses Alcaide, assure que tout est protégé, encrypté et conforme aux standards les plus exigeants comme la HIPAA. Pourtant, l’ambiguïté reste de mise sur l’usage des données : l’entrainement de l’intelligence artificielle de Neurable se fait-il sur nos “pensées” ? Oui, mais “avec le consentement explicite” de l’utilisateur – une promesse qui n’empêche pas certains d’être sceptiques.

L’entreprise affirme être à un “tournant” : pour la première fois, il existerait un modèle d’affaires réellement scalable pour la neurotechnologie, selon son dirigeant. Mais concrètement, qui contrôlera à terme la manière dont seront exploitées ces précieuses informations ? À l’heure où la technologie pourrait bientôt devenir omniprésente, la responsabilité des constructeurs et le cadre légal suffiront-ils pour protéger ce qu’il y a de plus intime chez l’humain : l’activité de son cerveau ?

Les BCI promettent beaucoup : augmenter nos capacités cognitives, booster la productivité, révolutionner le sport ou les jeux vidéo. Mais ce nouveau marché, en quête de licencier à tout-va ses algorithmes “mind-reading”, soulève mille interrogations. La ruée vers le “cortex” sera-t-elle plus précautionneuse que celle du big data ? Ne risquons-nous pas de glisser d’une surveillance corporelle à une surveillance mentale, sous prétexte d’innovation ?

Alors que la technologie Neurable s’apprête à s’inviter dans nos vies connectées, la question capitale demeure : jusqu’où irons-nous pour croiser innovations et pensées ?

Source : Techcrunch

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