Comment une startup peut-elle passer d’une valorisation de 3,5 à 6 milliards de dollars en à peine trois mois, tout en bouleversant le secteur de la santé ? C’est la question que suscite aujourd’hui OpenEvidence, cette jeune pousse californienne qui attire à la fois les investisseurs et l’attention des professionnels de la médecine. L’intelligence artificielle va-t-elle, une fois de plus, déclencher une révolution, cette fois-ci dans le domaine médical ?
Qui sont ces financiers prêts à injecter 200 millions de dollars dans un “ChatGPT pour la médecine” ? D’après le New York Times, ce ne sont pas des amateurs : Google Ventures, Sequoia Capital, Kleiner Perkins, Blackstone et d’autres grands noms se précipitent au chevet d’OpenEvidence. Mais qu’espèrent-ils tous voir émerger de cette plateforme ? Une promesse de transformer les soins, ou le prochain eldorado de l’IA sectorielle ?
Est-ce la technologie qui justifie cette avalanche d’investissement ? OpenEvidence tire sa force de sa spécialisation : elle a été entraînée sur des revues de référence telles que JAMA ou le New England Journal of Medicine. Son objectif est de fournir des réponses précises, quasi-instantanées, aux questions des professionnels de santé lors du traitement des patients. Mais jusqu’où les médecins feront-ils confiance à une IA nourrie, non par l’expérience du terrain, mais par l’immense corpus de littérature médicale ?
OpenEvidence cristallise l’espoir (ou la crainte) d’une médecine amplifiée par l’IA, tout en suscitant une ruée d’investissements sans précédent.
Mais que sait-on de l’ampleur de son adoption réelle ? Les chiffres dévoilés laissent songeur : près de 15 millions de consultations cliniques traitées par mois, un doublement depuis l’été dernier. Simple engouement de mode, ou prémices d’un changement de paradigme ? OpenEvidence, qui propose gratuitement son outil financé par la publicité aux médecins vérifiés, espère s’imposer définitivement dans le quotidien hospitalier. Mais où se situe la limite entre assistance éclairée et dépendance numérique ?
Le soutien massif des géants du capital-risque souligne l’intérêt de l’industrie pour les applications verticales de l’IA. Pourtant, TechCrunch note que la startup se garde bien de répondre pour l’instant à leurs sollicitations. Pourquoi ce silence ? OpenEvidence cache-t-elle encore quelques secrets, ou prépare-t-elle une annonce retentissante ?
Et pour les patients, ce tsunami d’innovation sera-t-il synonyme d’un accès facilité au savoir médical ou d’une déshumanisation accrue de la relation soignant-soigné ? La question n’a jamais été aussi brûlante, alors que la santé devient le nouveau terrain de jeu de l’intelligence artificielle.
Ce mouvement fulgurant laisse planer une ultime interrogation : sommes-nous prêts à confier notre santé à des algorithmes dont l’essor semble irrésistible ?
Source : Techcrunch




