« On ne jette pas l’IA avec l’eau du bain ! » disait déjà (probablement) un investisseur en pleine séance de pitch. Et il faut croire que le conseil a été entendu, parce qu’à Wall Street comme à la Silicon Valley, tout le monde veut sa part du gâteau Anthropic. Oui, cette startup d’intelligence artificielle fait tourner la tête des investisseurs à une vitesse qui devrait inquiéter les fabricants de turbines.
Dernière sensation : Anthropic a “confidentiellement” déposé un dossier pour une entrée en bourse (IPO pour les intimes), alors que leur précédente levée de fonds à 65 milliards de dollars s’est faite sous le signe de la surchauffe — il fallait littéralement se battre pour mettre son billet sur la table. Mais, comme le souligne la cofondatrice Daniela Amodei lors de la conférence Bloomberg Tech, ces montagnes de cash ne tombent pas du ciel : « C’est quand même un sacré budget d’entraînement ces modèles-là ! ». En plus poli, l’IA, c’est rentable, mais ce n’est pas gratuit.
Le rythme d’Anthropic est aussi effréné qu’un épisode de Bref. Chiffres à l’appui : revenus annualisés à 47 milliards de dollars en mai, contre 9 milliards à la toute fin 2025. Mais attention à la pression : même les stars comme Uber commencent à dire que tous les investissements en IA ne se valent pas. Rien ne dit que le “buzz” du moment ne finisse pas par retomber comme un soufflé trop codé.
Anthropic, c’est la startup qui attire les foules, mais devra encore prouver que son intelligence n’est pas qu’artificielle !
Pas de quoi inquiéter notre amie Amodei, qui préfère voir le verre à moitié plein… d’algorithmes. Pour elle, les entreprises découvrent à peine comment faire danser l’IA avec leur productivité (ou leur créativité). L’avenir ? Il sera IA ou ne sera pas : “Les cas d’usage d’aujourd’hui vont surtout accélérer la créativité et l’efficacité… et demain, ce sera le quotidien des humains !”, promet-elle, le doigt sur la touche “Enter”.
Côté infrastructure, Anthropic fait bande à part. Là où certains concurrents (coucou OpenAI, salut Musk !), construisent des data centers comme d’autres collectionnaient les salles d’arcade dans les années 80, ellos préfèrent jouer la carte de la prudence. “Ce serait ballot de racheter des racks pour qu’ils prennent la poussière”, explique-t-on en substance. On préfère manquer un peu de processeurs que de se retrouver avec un hangar à puces à moitié vide — ce qui ferait rire tout le secteur… et pleurer le banquier.
Mais parce que l’IA n’aime pas dormir seule, Anthropic vient tout juste de surprendre son monde avec un nouveau colocataire : xAI, la boîte d’Elon Musk. La colloc coûte la bagatelle de 1,25 milliard de dollars par mois pour partager le calcul intensif, histoire de prouver qu’il vaut parfois mieux partager sa cantine que cuisiner tout seul.
En attendant l’IPO et les pop-corns, Anthropic continue son numéro d’équilibriste entre croissance supersonique, gestion de la hype… et risques d’essoufflement. L’IA, c’est visiblement comme les bonnes blagues : il faut savoir doser avant d’arriver à saturation. D’ici là, prions pour qu’Anthropic ne sature pas la bande passante de nos espérances.
Après tout, dans le monde de l’IA, il ne faut jamais prendre l’entrée de la bourse pour une sortie de crise : on risque de finir… avec un bug dans le portefeuille !
Source : Techcrunch




