« Pour tout résoudre, pourquoi ne pas simplement tout diviser ? » C’est probablement la devise qu’on imagine sur le mug du patron de Snap en ce moment. Car oui, le réseau social préféré des photos éphémères et des dog faces vient d’annoncer une décision qui aurait pu sortir tout droit d’un épisode de Silicon Valley : la naissance de Dotmo, une nouvelle startup dédiée à l’IA générative pour… le gaming interactif ! Eh oui, l’intelligence artificielle ne crée pas (encore) des chats rigolos chez Snap, mais elle va bientôt jouer à la console avec nous.
Pourquoi ce grand écart, alors que Dotmo n’est autre qu’un rejeton biologique de Snap ? La raison officielle : l’addition était salée. Bien trop coûteux, apparemment, de continuer à faire grandir son équipe IA vidéo en interne. Du coup, on délocalise, version start-up nation. Dotmo émerge de son cocon, autonome financièrement – ou presque. La filiation reste un peu profonde : Snap offrira à Dotmo une licence sur sa technologie, le premier crew de Dotmo est composé d’anciens de la maison Snap et, cerise sur le gâteau, Bobby Murphy, le CTO de Snap, fait office de parrain (et d’investisseur principal)… tout en gardant un pied dans chaque maison.
Drôle de situation : Snap ne veut plus payer l’addition mais garde une très grosse part du gâteau, en détenant un paquet de parts chez Dotmo. Donc si la petite dernière fait fortune avec ses jeux vidéo interactifs boostés à l’IA, devinez qui sablera le champagne ? Pas Snap, qui a déjà payé la bouteille… mais presque !
Une séparation pour mieux se retrouver (financièrement).
Côté ambiance, on sent qu’après avoir pris une grosse claque avec ses lunettes AR Specs (sorties à 2 200 $, bonjour la note !), Snap joue la prudence. Après tout, sa précédente séparation – transformer Specs en spin-off plus tôt cette année – n’a pas vraiment été couronnée de succès : action dévissée, investisseurs pas franchement ravis et 1 000 salariés licenciés au passage (bonjour l’ambiance à la machine à café).
Dotmo, en revanche, vise un terrain beaucoup plus « fun » (ou risqué… tout dépend du point de vue) puisque l’objectif n’est pas de vendre des lunettes trop chères, mais de développer des expériences numériques interactives. C’est un pari : la société ne s’inscrit pas dans les priorités actuelles de Snap, mais garde la porte ouverte pour d’éventuelles collaborations futures si le marché tombe amoureux de ses jeux IA.
Autrement dit, c’est une façon élégante de réduire la facture IA tout en gardant un œil (et surtout un portefeuille) sur les futurs bénéfices. Spin-off, c’est parfois synonyme de ménage de printemps, mais ça peut aussi signifier grosses économies et belles surprises pour le service compta. Après tout, « ce n’est pas parce qu’on fait chambre à part qu’on ne partage pas la cagnotte. »
Morale de l’histoire : Chez Snap, même quand on se sépare, on reste amis… et surtout associés. Alors, la prochaine fois que votre startup voudra renouveler son équipe IA, proposez-lui une petite partie de Monopoly. Quitte à se séparer, autant passer par la case départ et toucher 20 000… lignes de code.
Source : Techcrunch




