« Si tu veux voler avec les aigles, évite de finir dans le bec du faucon ! » Bon, d’accord, ce n’est pas un vrai proverbe, mais cela colle parfaitement à l’actualité trépidante du monde digital où Meta (ex-Facebook), après cinq ans de haut vol juridique, vient enfin d’atterrir sur la piste de la victoire face à la redoutable Federal Trade Commission (FTC) américaine.
La bataille opposait Meta à la FTC, prête à en découdre sur fond d’acquisitions pour le moins colossales. Petit flash-back : Instagram racheté pour un milliard de dollars en 2012 (on a vu des photos plus chères, mais rarement un tel album !), et WhatsApp avalé tout cru pour 19 milliards en 2014. L’accusation ? Antitrust, monopole, et une pincée de doliprane pour les migraines. Mais mardi dernier, le juge James Boasberg, tel un chef d’orchestre des salles bruyantes, a sifflé la fin de la récré : la FTC n’a pas réussi à démontrer que Meta piétinait vraiment les lois antitrust à l’heure actuelle.
Cela dit, l’histoire n’est pas si simple. Le procès a quand même révélé quelques pépites épistolaires signées Mark Zuckerberg, patron visionnaire ou joueur d’échecs digital selon les points de vue. En 2012, Markou partageait sa stratégie façon Tetris dans des emails internes : « Ce qu’on achète vraiment, c’est du temps. Même si de nouveaux rivaux débarquent, acheter Instagram, Path, Foursquare, etc., nous donne un an (ou plus !) de tranquillité pour les intégrer avant que quelqu’un puisse rivaliser à nouveau. » Qui a dit que les géants n’étaient pas prévoyants ?
Certes, Meta a racheté beaucoup, mais le juge a surtout constaté que dans la jungle des réseaux sociaux, il y a toujours du nouveau prédateur à l’horizon.
Malgré ces indices dignes d’un thriller technologique, la vraie question posée par le juge n’était pas de savoir si Meta avait autrefois manœuvré comme un requin, mais si aujourd’hui, il nageait toujours en solo dans son bassin. Et là, coup de théâtre : TikTok débarque, bouleversant l’écosystème aquatique. Verdict du juge : en cinq ans, tout a changé ! Les barrières entre « social networking » et « social media » qui semblaient infranchissables se sont effondrées sous les assauts des nouveaux venus et du zapping générationnel.
Ainsi se conclut le feuilleton judiciaire en mode « update status : libre ». Loin d’être KO, la FTC aura, au moins, mis la lumière sur la mécanique ultra-rapide des mastodontes, et donné matière à philosopher : le monde d’Internet va si vite que même un procès fleuve finit par avoir du retard à l’allumage.
En somme, Meta repart la tête haute… jusqu’au prochain épisode ! Dans la tech, ce ne sont jamais les stocks d’affaires qui manquent, mais parfois les likes judiciaires…
Allez, on vous laisse méditer : visiblement, même devant la justice américaine… Meta n’a pas encore trouvé son WhatsAppel à l’ordre !
Source : Techcrunch




