Les applications sans code vont-elles vraiment révolutionner la manière dont nous créons et consommons les outils numériques, ou risquent-elles de buter sur des obstacles techniques encore sous-estimés ? De plus en plus de personnes, sans formation en programmation, explorent l’univers du « vibe coding » : des outils qui convertissent une description en langage naturel en une application fonctionnelle. Est-il enfin possible de transformer une idée en micro-app sans écrire une seule ligne de code ?
Pourtant, il y a un revers à la médaille. Les plateformes promettent de générer facilement des prototypes, mais qu’en est-il quand il s’agit d’intégrer des services externes essentiels comme l’envoi de SMS ou le paiement par Stripe ? La réalité se heurte au problème de la connexion aux infrastructures tierces et des paiements fragmentés. Peut-on réellement se passer de développeurs, ou les non-techniciens sont-ils condamnés à se perdre dans le labyrinthe des APIs ?
C’est précisément ce défi qu’Ilan Zerbib, ex-directeur ingénierie paiements chez Shopify, veut relever avec sa startup Sapiom. L’idée ? Offrir une couche financière qui permettrait aux agents IA et aux plateformes low-code de se connecter et de payer, de manière fluide et sécurisée, tous les services dont ils ont besoin. Est-ce enfin la solution miracle face au casse-tête des authentifications et micro-paiements à répétition ?
Sapiom vise à transformer chaque interaction technique en un paiement fluide, invisible pour l’utilisateur.
Plutôt que de cibler, une fois de plus, le marché des consommateurs, Sapiom s’attaque frontalement aux besoins des entreprises. Accel, Okta Ventures et d’autres noms forts du capital-risque misent déjà 15 millions de dollars sur la solution de Zerbib. Faut-il y voir le signe d’une mutation profonde dans la façon dont les applications IA gèrent leurs dépenses ?
Le principe est simple : chaque appel à une API — l’envoi d’un SMS, la location d’un serveur sur AWS, ou une connexion à Stripe — doit être payé. Plutôt que de multiplier les processus d’inscriptions et de paiements épars, Sapiom centralise tout, permettant ainsi même aux néophytes de construire des apps robustes, sans se soucier des détails techniques. Mais jusqu’où cette automatisation pourrait-elle aller ?
Imaginons le futur : demain, vos assistants IA ne se contenteraient plus de vous aider, ils prendraient des décisions d’achats à votre place, que ce soit pour commander un VTC ou faire du shopping sur Amazon. Une perspective fascinante, mais aussi inquiétante. Sapiom prépare cette transition, même si Zerbib reste lucide : l’IA ne créera pas forcément plus d’acheteurs, elle simplifiera surtout la vie des créateurs d’applications.
En rendant invisibles les contraintes techniques et financières, Sapiom offre-t-il enfin le chaînon manquant que le « vibe coding » et l’intelligence artificielle réclamaient pour passer à l’échelle ? Les non-développeurs pourront-ils, demain, créer leur propre écosystème d’applications sans jamais avoir à comprendre l’envers du décor ?
Source : Techcrunch




