« Entre les chiffres, il faut parfois lire entre les lignes ! » Voilà une maxime que tout comptable qui a déjà jonglé avec une liasse de tableaux Excel et dix versions d’un même document Word comprendra. Mais derrière ces calculs savants, un souffle de rébellion numérique souffle enfin sur le monde parfois poussiéreux de la comptabilité.
Mary Antony et Kelsey Gootnick, deux héroïnes modernes revenues héroïquement des arcanes de Flexport, Miro ou encore Hopin, en avaient assez de se battre contre les plateformes de reporting traditionnelles. Certes, Workiva ou Donnelley Financial Solutions promettent de simplifier l’exercice, mais dans la vraie vie, les problèmes persistaient, bien accrochés comme des post-its sur un écran d’ordinateur trop fatigué.
Impossible pour elles d’oublier toutes ces heures perdues à recoller bouts de tableaux et à traquer les erreurs de mise en forme, dollar après dollar, virgule après virgule. « C’était digne d’une chasse au trésor, mais sans trésor à la clé, juste des courriels interminables et des retours d’erreurs dignes d’un mauvais feuilleton », commente Antony.
Même les professions les plus sérieuses ont parfois besoin d’un coup de jeune (ou d’un coup de pouce algorithmique) !
En 2023, nos deux compères ont donc lancé InScope. Au menu, une plateforme bardée d’IA visant à transformer en routine quasi-automatique des tâches traditionnellement faites à la main. Pas question toutefois de promettre la révolution tout de suite : InScope n’écrit pas encore le bilan en pilotage automatique, mais permet d’automatiser la vérification des calculs, la cohérence des signes dollar et la perfection du formatage, économisant déjà 20% du temps des experts-comptables. Ce n’est pas encore Tesla, mais on roule déjà beaucoup plus vite et sans les chaussettes trouées !
Et le succès ne s’est pas fait attendre. En moins d’un an, la clientèle d’InScope a été multipliée par 5, séduisant même des cabinets de renom comme CohnReznick, dignement installés dans le top 15 national US. Pas mal pour une jeune pousse née d’un « ras-le-bol » collectif d’Excel !
Mais, attention, les comptables ne sont pas du genre à se laisser détrôner si facilement par un simple robot – il se murmure même que leur instinct de prudence frôle l’immortalité. Antony et Gootnick ne s’en offusquent pas : elles savent bien que la confiance ne s’écrit pas en une ligne de code. Objectif à terme ? Un reporting automatisé de A à Z, mais sans brûler les étapes… ni les calculettes !
Du côté des investisseurs, on fait le plein de témoignages enthousiastes. Sean Jacobsohn (Norwest), lui-même converti par les avis élogieux de ses clients, l’affirme : dans la jungle du reporting financier, il faut être passé par la case client pour trouver la sortie (et, accessoirement, la bonne formule magique).
Après tout, il fallait bien l’œil aiguisé de deux reines du tableur pour lancer une start-up vraiment ancrée dans la réalité du métier. Moralité : parfois, c’est en additionnant des frustrations qu’on finit par innover. Ou, pour rester dans l’ambiance : InScope a trouvé la bonne équation… et ce n’est pas prêt de s’arrêter au prochain bilan. Après tout, pourquoi additionner les galères quand on peut soustraire les soucis ?
Source : Techcrunch




