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Credits image : Arseny Togulev / Unsplash

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Le boom d’XDOF : une révolution des données pour robots ou un simple mirage ?

Comment une startup encore inconnue du grand public peut-elle attirer des fonds d’investissement à hauteur de 1,2 milliard de dollars quelques mois seulement après sa sortie de l’ombre ? Est-ce le signe d’une nouvelle course à l’or dans la robotique, ou d’une exagération du potentiel de l’intelligence artificielle appliquée au monde physique ?

XDOF, fondée par deux chercheurs de l’Université de Berkeley, s’est retrouvée sous les projecteurs alors qu’elle négocie une levée de fonds colossale en série B, portée notamment par la société 8VC. Pourquoi un tel engouement des investisseurs ? Serait-ce simplement la promesse d’une révolution, ou existe-t-il une réalité technologique derrière cette effervescence ? Selon plusieurs sources, XDOF n’avait pas prévu de lever à nouveau, mais la croissance fulgurante – des revenus annualisés frôlant déjà 50 millions de dollars – a inversé la tendance.

Pourtant, dans cet univers où la communication règne, la startup et ses investisseurs restent étrangement muets. Est-ce la prudence qui prévaut, ou le signe que l’affaire n’est pas encore bouclée ? TechCrunch indique que les modalités du deal ne sont pas figées et qu’il reste des zones d’ombre, notamment sur le montant précis levé et la valorisation finale.

Face au manque criant de données réelles pour entraîner les robots, XDOF s’est positionnée comme l’acteur central du supply chain de la donnée robotique.

Mais où est la valeur ajoutée d’XDOF ? À l’heure où la majorité des IA exploitent des montagnes de données numériques, XDOF propose de faire le sale boulot : collecter, annoter et structurer des jeux de données physiques, sur le terrain, impossibles à assembler virtuellement. Le passé du CEO Philipp Wu, longtemps freiné par la pénurie de données pour ses recherches, explique-t-il la frénésie actuelle autour de ce marché mal exploré ?

Le projet GELLO, point de départ de l’aventure, consistait à téléopérer à distance des bras robotisés pour générer des données et a ouvert la voie à une publication scientifique marquante. Désormais, XDOF ambitionne de systématiser ce processus : téléopérateurs à distance, porteurs de capteurs corporels, constitution d’équipes mondiales pour documenter chaque geste du quotidien. Ce pari industriel va-t-il surmonter les nombreuses limites techniques et humaines ?

XDOF s’associe en ce moment avec le laboratoire d’intelligence artificielle de Berkeley pour publier ce qu’elle présente comme la plus vaste collection de données de formation pour robots jamais rassemblée : le projet ABC. Mais alors qu’eux avancent à grande vitesse, d’autres sociétés telles que Mecka AI, Scale AI ou Micro1 misent elles aussi sur la collecte massive de données réelles. Ne s’agit-il pas d’une bataille féroce où l’avantage reviendra à celui qui massifiera le plus rapidement ses bases de données ?

Finalement, alors que les robots généralistes peinent encore à sortir des laboratoires, la montée en puissance d’XDOF interroge : cette nouvelle étape transforme-t-elle vraiment l’avenir de la robotique, ou s’agit-il d’une spéculation typique de la Silicon Valley appuyée sur des promesses encore abstraites ?

Source : Techcrunch

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