« La digitalisation, c’est comme les pâtes : il suffit d’un peu d’inattendu pour que ça devienne intéressant ! » Et Bending Spoons, la start-up milanaise qui raffole visiblement de rebondissements (et sans doute aussi des spaghetti), n’est pas là pour contredire ce proverbe imaginaire. Qui d’autre peut se vanter de transformer des vieilles gloires du web, comme AOL ou Vimeo, en ingrédients d’une salade tech qui affole la Bourse ?
Bending Spoons, tout droit sortie de Milan (ville connue pour ses designers, pas pour ses jongleurs de vieilles start-up), a fait un grand plongeon sur le Nasdaq, atteignant brièvement 25 milliards de dollars de capitalisation. Même si l’action a un peu refroidi depuis l’ouverture, l’appétit des investisseurs reste insatiable : leur recette mêle rachat de marques fétiches (Meetup, WeTransfer, Eventbrite, pour ne citer qu’eux), est devenue deux fois plus lucrative que leur précédente valorisation privée. Carte blanche pour l’audace !
Mais attention, derrière la success story à l’italienne se cachent aussi quelques couverts sales : la maison Bending Spoons fait grincer des dents avec sa gestion musclée. Oui, ici on adore les vieilles applis mais on n’hésite pas à appuyer sur le bouton « efficacité » : hausse des prix, licenciements, et gros lifting technologique. Certains crient au saccage, mais la marque s’en défend : selon Matteo Danieli (cofondateur), l’amour des utilisateurs pour des outils comme Evernote… n’a finalement pas trop bronché. Surprise : la fidélité, c’est parfois solide comme une cuillère en inox.
Bending Spoons, ou comment donner un second souffle aux applis que tout le monde pensait essoufflées.
On pourrait penser que Bending Spoons fait ses emplettes uniquement parmi les start-ups au rayon « périmées ». Faux ! Leur collection affiche plus de 500 millions d’utilisateurs actifs par mois. Entrepreneur Joe Hyrkin, qui leur a vendu Issuu, l’a dit : il ne s’agit pas de ressusciter des zombies, mais de rafraîchir de vrais produits pour leur (re)donner une place dans la pop culture numérique, grâce à une discipline maison : intégration technique, monétisation inventive, et du piment IA pour relever l’ensemble. À la clé : 1,31 milliard de dollars de chiffre d’affaires pour 2025. Qui a dit que les vieilles recettes ne marchaient plus ?
Bending Spoons n’a pourtant pas commencé dans la lumière de la Silicon Valley, mais quelque part entre échec et persévérance danoise, en héritant de l’équipe d’une modeste appli photo scandinave (Evertale). Leur premier succès ? Un rachat à 10 000 dollars, à peine de quoi couvrir un déjeuner d’investisseurs. Depuis, ils ont préféré la stratégie « à la Warren Buffett » : on garde tout, on optimise, et on laisse mûrir. Résultat : ils ont séduit non seulement Eric Schmidt, mais aussi Andre Agassi et The Weeknd – si, si, il doit y avoir un filtre Instagram caché dans le deal.
La suite ? C’est une fresque d’acquisitions dignes d’un Monopoly de la tech. Entre la prise de contrôle de Meetup, Evernote, WeTransfer (avec quelques vagues de licenciements, au passage), ou encore Vimeo, l’équipe Bending Spoons ne chôme pas. Leur mantra ? Acheter, transformer, et surtout ne jamais revendre. « Cimetière de start-up » ? Plutôt salle de gym numérique pour apps en mal de cardio. Le tout en gardant une poignée de « Spooners » triés sur le volet (ils reçoivent 800 000 CV par an… et retiennent, euh… moins de 300).
Ce modèle a ses revers (bonjour les plans sociaux), mais il cartonne en efficacité : grâce à l’IA et une équipe resserrée, chaque Spooner génère maintenant 2,5 millions de dollars de chiffre d’affaires par an (de quoi se payer pas mal de glaces… à la cuillère, évidemment). À ce rythme-là, Bending Spoons annonce déjà analyser 2 500 cibles d’acquisition potentielles cette année, pour n’en sélectionner que six. Les prochaines pépites du net n’ont plus qu’à bien se tenir.
La morale ? Dans la tech, rien ne se perd, tout se transforme… et il suffit d’une bonne cuillère pour battre les œufs (de licorne) ! Alors, quand d’autres fondent face à la chaleur des marchés, Bending Spoons préfère se plier… mais jamais rompre.
Source : Techcrunch




