« L’avenir, c’est comme l’armée : il arrive toujours en formation serrée… mais jamais là où on l’attend ! » Eh bien, sur une base militaire quelque part en Californie (promis, pas Area 51), c’est un escadron d’ATV – ces petits bolides tout-terrain à quatre places – qui s’entraîne non pas à larguer des GI Joe, mais à former des intelligences artificielles prêtes à foncer dans la mêlée numérique. Avec Scout AI aux commandes, la prochaine vague d’AGI ne viendra pas d’une salle de serveur climatisée, mais d’un sentier boueux, où les virages sont aussi imprévisibles que les futurs champs de bataille.
Derrière le volant (virtuel), Colby Adcock et Collin Otis, cofondateurs de Scout AI, jouent les Tony Stark de la défense. Leur startup, débarquée en 2024, a déjà levé 100 millions de dollars en Série A, après un petit apéritif de 15 millions en amorçage. On comprend mieux pourquoi même les généraux du Pentagone ont dû relire trois fois avant de piger que Scout n’allait pas leur vendre juste des trottinettes de guerre, mais un vrai laboratoire d’avant-garde pour rendre l’armée (presque) plus intelligente que le dernier iPhone.
Leur bidouille magique, c’est « Fury », un modèle d’IA conçu pour guider et commander tout ce qui roule, vole ou rampe en zone hostile. Plutôt que de partir de zéro, ils s’inspirent de la formation des soldats : on prend une intelligence toute fraîche, et on la forme façon commando pour la rendre « tactiquement futée ». Le but : transformer du LLM gentillet en dur à cuire numérique, plus prompt à affronter l’inconnu que la plupart des télécommandes de drones civiles.
Les robots de demain apprendront la guerre sur des sentiers boueux, pas dans des data centers aseptisés.
Mais la route de l’autonomie totale est semée d’embûches. Sur le terrain, les véhicules de Scout affrontent des pentes abruptes, des chemins effacés et des ornières qui feraient pâlir les taxis parisiens. Les IA de Fury apprennent à gérer tout ça façon auto-école sauvage, croisant les doigts pour ne pas finir dans le décor. Pourtant, la prouesse technique n’est pas de rouler tout droit, mais de réussir à improviser face à l’inattendu, là où les modèles conçus pour l’autoroute urbaine plantent lamentablement.
Leur arme secrète ? Les « Vision Language Action models » (VLAs), un nom qui sonne comme un cocktail explosif geek. Inspirée par DeepMind et d’autres robots humanoïdes d’avant-garde, cette technologie permet aux machines de raisonner, naviguer, et pourquoi pas, commander des drones en escadrille, tout ça grâce à des consignes en langage naturel (« Va là, surveille ceci, attends les renforts »). Scout espère ainsi que l’armée adoptera leur logiciel de commandement « Ox », capable d’orchestrer toute une flotte par simple prompt, façon Starcraft en vrai.
Mais attention, tout n’est pas prêt pour le grand saut « Skynet style ». Les VLAs pédalent encore un peu dans la semoule lorsqu’il s’agit de véritables opérations 100% autonomes, surtout en dehors des sentiers battus ou s’il s’agit de décider qui viser (ça reste bien heureusement sous supervision humaine…). Entre deux patrouilles, les équipes de Scout affinent leurs modèles sur le terrain, en rêvant déjà d’escadrons de drones intelligents capables de repérer et neutraliser des cibles – ou simplement livrer des rations en pleine nuit arctique.
Derrière les prouesses techniques, la guerre, c’est aussi une affaire de politique et de valeurs. Là où Google ou Anthropic freinent des quatre fers avant d’armer leurs algos, Scout AI assume sa mission : « Nous, on n’a pas peur de mettre un cerveau d’IA à bord d’un drone ! » avoue Otis, presque fier de surfer à contre-courant de la Silicon Valley pacifiste. Le vrai jackpot pour eux, ce sera aussi de bâtir leur propre modèle fondation, capable d’accumuler plus d’intelligence à force de vrais tours de piste que de consultations Wikipédia… Pratique, surtout quand l’armée vous prête tous ses joujoux en version grandeur nature !
Alors, la prochaine fois que vous croisez un quad sans conducteur sur un terrain militaire, n’y voyez pas qu’un énième gadget futuriste. C’est peut-être Fury en plein stage commando, en train de devenir le cerveau – ou devrions-nous dire, le « GI Genius » – de la guerre connectée. Et souvenez-vous : quand l’IA part en manœuvres, il vaut mieux ne pas la sous-estimer… Sinon, elle risque d’« ATV-er » vos préjugés !
Source : Techcrunch




