« La vérité est comme un plugin WordPress mal codé : elle finit toujours par faire planter le site au pire moment. » Chez Automattic, l’éditeur de WordPress, ce ne sont pas seulement les plugins qui dysfonctionnent ces jours-ci, mais toute la gouvernance ! Un coup d’État express au sommet de la pyramide, des indemnités dorées signées en douce, et des rumeurs qui circulent plus vite qu’une mise à jour forcée… Oui, il s’en est passé, des choses, dans l’arrière-boutique du temple du blogging.
Pour ceux qui n’étaient pas en train de rafraîchir leur flux TechCrunch toutes les deux minutes, petit rappel : le 9 septembre, Matt Mullenweg, le CEO mythique et créateur de WordPress, a été mis sur la touche par son propre conseil d’administration. À la surprise générale (y compris la sienne puisqu’il s’en est plaint sur Slack), il a eu moins d’une heure pour plier ses cartons virtuels. Mais attention : comme dans toute bonne série, le héros n’est jamais loin du retour. Trente-trois heures et une poignée de tweets plus tard, le revoilà au sommet, pendant que les « putschistes » quittent le navire…
Sauf que, dans le laps de temps où tout ce joli monde s’offrait une partie de chaises musicales version boardroom, deux hauts dirigeants – Mark Davies (le CFO soudainement propulsé CEO par intérim) et Andy Missan (directeur juridique) – ont trouvé le temps de s’octroyer des packages de départ remarquablement confortables. Le pitch ? On signe mutuellement nos parachutes dorés, avec salaire sur douze mois, vesting d’actions accéléré et un an de couverture santé. Montant de la note : plus de 8 millions de dollars pour la boîte, si les documents sont validés.
Parfois, gouverner une startup ressemble moins à écrire du code propre qu’à jouer une partie d’échecs… dans le noir, avec des adversaires qui bougent les pièces en douce.
De retour aux manettes, Mullenweg a aussitôt remercié ces deux stratèges, et Automattic doit maintenant décider : payer ou attaquer en justice la validité de ces contrats signés en douce. Cerise sur le cupcake, le chef du service juridique s’apprête à quitter le navire pour rejoindre une start-up d’IA, Matt jurant sur Twitter que « tout était prévu de longue date » (moi aussi, je prévois toujours mes démissions au moment où mon boss est sur la sellette !).
Juridiques à souhait (avec leur définition de la « faute grave » à géométrie variable), les contrats de départ avaient clairement été pensés pour protéger les nouilles de Davies et Missan si le putsch foirait. Plus fort encore, Davies n’avait même plus une action Automattic en poche, selon des documents internes… mais des tonnes de stock-options prêtes à être activées. Un flair de trader, ce CFO !
Derrière ce cirque à la sauce Silicon Valley, deux scénarios se dessinent : était-ce une réaction sincère du board à un risque juridique majeur (Automattic étant dans la tourmente d’un procès houleux avec WP Engine pour destruction de preuves), histoire de montrer à la cour que « tout danger a été écarté » ? Ou bien, comme le suspecte Mullenweg, une tentative d’écarter doucement le fondateur pour mieux vendre la boutique ou monter une grosse opération financière ? Difficile de trancher, car les explications du board brillent par leur absence…
Conclusion intérimaire (comme le poste de Davies) : la transparence, chez Automattic, mérite encore des mises à jour de sécurité. Si vous cherchez une morale à cette histoire, souvenez-vous que dans la tech, le vrai bug n’est pas toujours dans le code, mais parfois dans le management !
Et la prochaine fois qu’on vous propose un « golden parachute », vérifiez bien qu’il ne se transforme pas en plugin qui plante…
Source : Techcrunch




