À quel point pouvons-nous vraiment faire confiance aux applications qui promettent de protéger notre vie privée, surtout lorsqu’il s’agit de données aussi sensibles que nos informations de santé ? La promesse de confidentialité faite par Stardust, un des traqueurs de règles les plus populaires, se heurte aujourd’hui à de sérieuses révélations. Que se passe-t-il vraiment derrière l’écran de votre smartphone ?
Selon de récentes recherches de la Mozilla Foundation, la fameuse application Stardust – qui affirme pourtant afficher « Your data is private. Period. » sur son site – transmettrait sans vraiment l’indiquer aux utilisatrices leurs données de santé à une société d’analyse, RudderStack. De quoi parle-t-on exactement ? La liste est longue : date de naissance, type de contraception, objectifs reproductifs, symptômes précis, chaque élément étant attaché à un identifiant unique – une pratique que la FTC considère comme loin d’être véritablement anonyme. Pourquoi tant d’opacité autour de la circulation de ces données, et où s’arrête la responsabilité des éditeurs d’applications ?
Le problème ne concerne pas seulement Stardust. La recherche souligne que beaucoup d’applications collectent et partagent discrètement nos informations avec des tiers, souvent pour le stockage, l’analyse ou le paiement. Mais à partir du moment où les infos quittent l’appareil de l’utilisatrice, multiplient-elles les risques de failles de sécurité ? Quel contrôle conserve vraiment l’utilisateur sur ses données face aux potentielles demandes d’accès des forces de l’ordre ou en cas de fuite ?
La confidentialité dans la santé numérique est-elle un mythe dès lors que les applications partagent nos infos avec des tiers ?
Déjà en 2022, Stardust s’était retrouvée sous le feu des projecteurs suite à l’annulation du droit constitutionnel à l’avortement aux États-Unis – l’application revendiquait un chiffrement de bout en bout, invérifiable car rapidement contesté par une analyse réseau de TechCrunch. Aujourd’hui, Shoshana Wodinsky, chercheuse à la Mozilla Foundation, a observé que parmi six applications testées, seule Stardust partageait les données de santé avec un tiers.
Du côté de Stardust, la défense s’organise : un porte-parole expliqué à la BBC que RudderStack ne pouvait ni revendre ni utiliser ces données pour ses propres besoins. Effet d’annonce ou réelle garantie ? L’application, tout comme RudderStack, reste soumise à des possibles injonctions des autorités américaines : les utilisateurs sont-ils informés du risque que leurs informations puissent être exigées, par exemple dans des contextes judiciaires ?
Interrogée sur d’éventuelles requêtes légales reçues concernant ses utilisatrices, la fondatrice Rachel Moranis est restée silencieuse. Un porte-parole s’est toutefois fendu d’un mail de dernière minute, assurant que Stardust n’a « jamais reçu de demande, d’ordre ou de procédure judiciaire » pour remettre des données utilisateurs. Mais l’absence de précédent est-elle une assurance durable ?
Face à ce constat, toutes les applications ne sont pas égales : parmi celles analysées, seule Euki se distingue par une politique irréprochable selon Mozilla, les données restant confinées sur l’appareil. Faut-il alors repenser complètement notre rapport à ces outils de suivi personnel ? Comment garantir qu’un choix en apparence anodin ne devienne pas un risque pour notre vie privée dans le futur ?
Source : Techcrunch




