Les portes électrifiées des voitures sont-elles en train de devenir un risque pour la sécurité des automobilistes et de leurs passagers ? Voilà une question qui plane alors que les autorités américaines lancent une réflexion sur de possibles nouvelles règles visant à garantir la possibilité de sortir d’un véhicule en toute circonstance. Cette démarche fait suite à plusieurs incidents, parfois mortels, où des personnes se sont retrouvées prisonnières de leur voiture, incapables d’ouvrir la porte en raison du fonctionnement particulier de certaines poignées, notamment celles des modèles Tesla.
Pourquoi cette problématique apparaît-elle maintenant ? C’est d’un côté la multiplication des plaintes, et d’un autre, la complexification des systèmes d’ouverture, censés être plus esthétiques et aérodynamiques. L’agence américaine de la sécurité routière (NHTSA) a ainsi été saisie d’une demande d’enquête concernant la conformité des systèmes de sortie d’urgence sur les Tesla Model 3. Le point de crispation ? Un levier mécanique d’ouverture en urgence qui ne serait pas facilement accessible, voire inefficace si la batterie de la voiture est défaillante.
La NHTSA a-t-elle les moyens de contraindre les constructeurs à revoir leurs copies ? Pour l’instant, l’agence ne lance pas une enquête pour défaut de sécurité, mais décide d’entamer une procédure de « rulemaking ». En clair : elle ouvre la porte à l’élaboration d’éventuelles nouvelles règles pour tous les constructeurs, mais garantit seulement d’examiner la question de plus près avant de décider d’une réglementation.
La recherche du progrès technologique ne doit-elle pas s’accompagner d’une vigilance accrue sur les implications pour la sécurité des utilisateurs ?
Pourquoi ce choix prudent ? Selon la NHTSA, accepter la demande de réflexion ne signifie pas qu’une nouvelle norme verra le jour, mais lance un processus de collecte de données et de consultation publique. Ce n’est qu’après avoir recueilli suffisamment d’informations, et évalué si un changement de règle est adapté, qu’une décision finale sera prise. Le doute subsiste donc sur l’issue de cette démarche.
L’enjeu est d’autant plus pressant que l’an passé, la NHTSA avait déjà ouvert une enquête sur les poignées de portes des Tesla, alors que neuf signalements faisaient état de propriétaires incapables de sortir ou de faire sortir leurs enfants du véhicule. L’urgence électrique du sujet n’est pas à sous-estimer : si le système électronique est hors service, le dispositif mécanique, souvent peu visible ou accessible, peut s’avérer inopérant.
Est-ce un problème propre à Tesla ? Pas seulement. D’autres fabricants, comme Rivian, revoient actuellement l’emplacement et le design de leurs dispositifs d’ouverture mécanique en urgence. Les acteurs de l’industrie cherchent-ils à anticiper de nouvelles réglementations, ou simplement à éviter d’être au cœur des prochains scandales ?
L’industrie automobile, obsédée par l’innovation et la simplification des intérieurs, doit-elle revoir sa copie et remettre la sécurité au premier plan ? Ne risque-t-elle pas, à force de vouloir réinventer la roue, de créer de nouveaux dangers pour les usagers ? La véritable question désormais pour les constructeurs et les régulateurs est simple : jusqu’où faut-il aller dans la technologie avant de se souvenir de l’essentiel — la sécurité des humains à bord ?
Source : Techcrunch




