Ah, la technologie : ce spectacle grandiose où l’on pense, chaque matin, avoir atteint le sommet de la montagne… jusqu’à apercevoir, au détour d’un cratère numérique, une nouvelle gibbeuse prête à bouleverser nos certitudes. Que vous regardiez la lune ou vos tickets de caisse, l’important reste d’avoir, en 2025, la bonne boussole. Cohere propose sa North Star, ce GPS de l’IA qui promet de ne pas divulguer le secret de vos déjeuners clients au premier cloud venu, tandis qu’Alaan transforme nos factures les plus ingrates en or digital. Pendant ce temps, la lune, elle, continue gentiment sa révolution, sans rien synchroniser sur Salesforce : la vraie neutralité totale.
Mais tandis que certains rêvent de secrets bien gardés dans le GPU du local technique, d’autres signent l’armistice… avant la prochaine guerre totale. OpenAI déclare la paix avec Amazon, intégrant ses modèles rutilants sur AWS, et jette le trouble chez Microsoft. Après tout, si la puissance de l’IA pouvait simplement décider où dormir, c’est la bataille du cloud qui déciderait bientôt qui traversera la nuit… avec ou sans lune. On croyait que la sécurité primait sur tout ? WhatsApp s’empresse d’ajouter des gilets pare-balles à ses groupes, en panique permanente devant des escrocs qui, eux aussi, savent automatiser leurs “ventes” grâce à OpenAI et consorts. Quand la vulnérabilité humaine rencontre les chatbots créatifs, la cybersécurité ressemble moins à un mur infranchissable qu’à un spectacle d’ombres chinoises sous lumière LED.
Au fond, cette vague d’automatisation – de la gestion de la vente par Clay à la chasse au ticket d’Alaan – n’est qu’un bal masqué où chacun vient piquer son tour sur la piste. L’obsession ? Rendre l’humain “superflu”… mais uniquement sur les sujets pénibles, jamais sur ceux qui seraient vraiment fun : personne n’a songé à robotiser l’écriture de poèmes à la lune, pas plus qu’à traduire le silence méfiant de votre DSI en alertes Slack. Il est ironique de constater que, plus l’IA promet d’alléger nos tâches, plus elle génère de nouveaux métiers : agents de red-teaming, spécialistes du prompt-patching, experts en tickets de caisse métaphysiques – tout un bestiaire du XXIe siècle, auquel même le GPT ouvert d’OpenAI ne saurait attribuer de recette.
Pour chaque progrès technologique qui promet la tranquillité, l’ombre portée de son détournement ne fait qu’allonger la nuit.
La question de la “vraie” ouverture revient en boomerang : OpenAI publie ses modèles open-weight, mais laisse soigneusement la porte entrebâillée sur l’usage et, surtout, verrouille la marmite des données d’entraînement. Dans ce théâtre d’illusions, la promesse d’un avenir automatisé, sécurisé et transparent paraît aussi fluctuante que l’éclat d’une lune gibbeuse – parfois pleine, parfois mystérieusement absente. Un peu comme WhatsApp qui, après avoir supprimé des millions de comptes de scams, se sait toujours un coup d’avance derrière la créativité des escrocs.
Finalement, la technologie joue avec nos inquiétudes et nos ambitions comme la lune avec sa lumière : chacun projette ses rêves ou ses peurs sur sa face visible, tout en suspectant que l’essentiel se trame dans l’ombre. Entre la promesse d’une IA respectueuse de la vie privée, la course à l’armement entre hyperscalers du cloud, l’IA qui rançonne, celle qui facture, et le ciel qui, imperturbable, poursuit son cycle – il ne reste qu’à se demander : qui, de l’humain ou de la machine, saura imposer sa gravité quand viendra la prochaine phase de notre révolution numérique ?




