Comme on dit chez les geeks : “Quand une porte se ferme sur WhatsApp, une fenêtre s’ouvre… peut-être sur Telegram ? » L’occasion rêvée d’examiner la nouvelle embrouille européenne : Meta face à l’Italie, chatbots et API piégés. Vous trouvez que c’est du déjà-vu ? Attendez, l’histoire va prendre des tours aussi sinueux qu’un câble USB coincé dans votre tiroir.
L’Autorité italienne de la concurrence (l’AGCM, parce que les acronymes, c’est chic) vient d’envoyer un gros « stop » à Meta. En clair : interdiction temporaire à Meta de barrer la route aux chatbots d’autres entreprises sur WhatsApp Business – tout cela pendant que la justice décide si Meta est un simple hôte ou un cerbère gardien façon “Mon précieux” pour ses propres intelligences artificielles. Selon l’AGCM, empêcher les bots concurrents, c’est (je cite) “abuser de sa position dominante” et brider l’innovation. Traduction : à force de jouer solo avec le ballon, il se pourrait bien que Meta se prenne un but contre-son-camp.
Remontons un peu le fil de la conversation. Fin 2023, Meta annonce que son API ne servira désormais que ses bots maison. OpenAI, Perplexity, Poke et les autres n’auront plus le droit d’intégrer leurs chatbots dans WhatsApp : les portes se ferment, l’aspirateur à concurrents se met en route. Meta affirme que cette mesure vise à éviter la surcharge de ses serveurs et à rappeler à tout le monde que WhatsApp n’est pas supposé devenir “l’App Store des IA”. Les développeurs, eux, grincent des dents (et leur code aussi).
Quand la concurrence est mise en sourdine, c’est toute l’IA qui risque d’avoir la voix cassée.
Bien sûr, Meta précise que les bots utilisés pour aider les clients (type service client chez votre e-boulanger préféré) restent autorisés. Ce sont plutôt les IA généralistes – ceux qui pourraient sortir des blagues encore plus nulles que les miennes – qui sont refoulées à l’entrée de l’API. Cela pourrait sembler raisonnable, mais derrière, il y a une question existentielle qui chatouille Brussels et Rome : Meta peut-il s’ériger en douanier du chatbot alors que WhatsApp est le principal hall de gare digital en Europe ?
L’Europe n’a d’ailleurs pas tardé à sortir les grosses lunettes de surveillance : la Commission mène aussi l’enquête, suspectant la stratégie de Meta de nuire à l’innovation et à la liberté de choix des Européens. Meta, dans un communiqué aussi lisse qu’une page “À propos” de startup, trouve la décision italienne “fondamentalement erronée” et promet d’aller en appel. Pour Meta, WhatsApp n’est qu’un tuyau parmi d’autres pour les bots IA, et puis franchement, “allez faire vos chatbots ailleurs, y’a tout l’Internet pour ça !”
Mais à y regarder de près, le vrai sujet n’est pas de savoir si l’IA de Claude a le droit de papoter sur WhatsApp. Il s’agit plutôt de qui décide ce qui est possible sur les grandes plateformes et qui, surtout, pourra vous proposer la prochaine blague ratée de 2025 : Meta… ou son concurrent italien ?
Sur ce, gardez vos esprits critiques aussi affûtés que vos serveurs, car les règlements de compte dans la jungle de l’IA ne font que commencer. Après tout, pourquoi se priver : dans l’histoire des API, on finit toujours par trouver la clé… à condition de bien lire les petites lignes de la politique d’utilisation !
Source : Techcrunch




