« Il ne faut jamais vendre la peau du robot avant de l’avoir programmé. » Voilà un dicton qui aurait pu naître dans un open space scandinave ! Le dernier rebondissement dans le monde des humanoïdes nous vient de la très futuriste entreprise norvégienne 1X, qui fait sensation avec sa dernière annonce : des milliers de ses robots domestiques Neo vont bientôt troquer les aspirateurs pour… des palettes entreposées dans les usines d’un investisseur suédois. La révolution de la robotique ne sera décidément pas livrée à domicile, mais bien en entreprise !
Le plan ? 1X s’allie avec EQT, le géant des investissements multiples qui, à force d’empiler les startups dans son portefeuille, doit se sentir parfois un peu serré. Résultat : un accord qui prévoit l’envoi tonitruant de jusqu’à 10 000 Neo, d’ici 2030, dans plus de 300 entreprises du groupe, avec un focus sur la logistique, la production et l’entreposage. Une pluie de robots à venir, comme s’il pleuvait des modules bipèdes — le rêve (ou le cauchemar) de tout entrepôt moderne.
Mais, plot twist digne d’une sitcom de la Silicon Valley : Neo n’a jamais été imaginé comme un manutentionnaire en bleu de travail. Ce robot – vanté comme le tout premier humanoïde domestique vraiment prêt à partager vos pantoufles – devait révolutionner la vie à la maison, entre vaisselle et ramassage de Jouets, pas trier des cartons ou surveiller des rayonnages. Un détournement d’usage qui accentue cette étrange tendance où les avancées tech font parfois des étincelles bien loin de là où on les attendait.
Parfois, la vie des robots prend des chemins aussi inattendus que ceux de leurs créateurs.
Qu’est-ce qui a pu motiver cette embardée industrielle ? Tout simplement, le mur du réel : un robot domestique à 20 000 $ a un argument de vente aussi léger qu’un Roomba sur moquette épaisse… Et puis, il y a la grande question de la vie privée : Neo peut être piloté à distance par des équipes humaines, qui voient par ses « yeux » dans votre salon ! Autant dire que peu de clients rêvent d’une télé-réalité robotique à domicile. Mais dans un entrepôt, la surveillance vidéo — robotique ou non — passe nettement mieux.
Petites familles avec animaux un brin farceurs ou jeunes parents, rassurez-vous : l’arrivée massive des humanoïdes dans nos foyers, ce ne sera pas pour demain. Entre la stabilité toute relative de ces robots (personne n’a envie de voir Neo faire un faceplant sur le chat), la méfiance des investisseurs et des scientifiques, et la demande très tiède du public, l’adoption s’annonce lente. Certains experts du secteur parient même que des décennies seront nécessaires avant que nos maisons deviennent de véritables colocs de métal.
Cela n’empêche pas 1X d’avoir flairé un coup de com’ bien huilé : l’entreprise, soutenue par des géants comme Tiger Global, EQT Ventures et même l’OpenAI Startup Fund, aurait déjà explosé son objectif de précommandes, sans toutefois révéler de chiffres précis. Alors, Neo, future star du capital-risque ou simple gadget high-tech qui change de maison pour mieux balayer ?
Finalement, on ne saura peut-être jamais où terminent vraiment les robots ménagers — mais une chose est sûre : qu’ils fassent la vaisselle ou la manutention, leur avenir est bien plus bruyant qu’un aspirateur Dyson un dimanche matin. Après tout, c’est bien connu : qui trouve Neo, trouve boulot !
Source : Techcrunch




