« Chez OpenAI, on préfère l’intelligence artificielle à l’intelligence politique ! » Voilà qui donne le ton : la Silicon Valley s’apprête à affronter une nouvelle dose de régulation venue tout droit du plus solaire des états américains. Qui aurait cru que Big Tech tremblerait devant un gouverneur tout en costard et sourire californien ?
Gavin Newsom vient en effet de signer le fameux SB 53, une loi californienne aussi attendue à San Francisco qu’une alerte sismique sur smartphone. Celle-ci vient secouer les géants de l’IA – OpenAI, Anthropic, Meta, Google DeepMind & co – en leur imposant enfin plus de transparence sur leurs recettes secrètes et surtout, en protégeant les lanceurs d’alerte. Un véritable big bang législatif au pays du “move fast and break things” – mais cette fois, on va peut-être essayer de ne rien casser, merci pour eux.
Au menu de la loi : signalement d’incidents critiques à l’Office of Emergency Services, obligation de rapporter les crimes numériques commis par les modèles (bonjour, cyberattaques !), et détection des comportements trompeurs. Un p’tit tour de roue législatif qui ne plaît pas à tout le monde : côté tech, certains hurlent déjà à la « patchwork de régulation » qui tuerait l’innovation. Fun fact, Anthropic applaudit des deux mains pendant que Meta et OpenAI font du lobbying… pour éviter d’être trop surveillés. Surprise !
La transparence fait grincer quelques dents en Silicon Valley, mais la Californie parie qu’elle sera la clé de la confiance publique.
Aujourd’hui, dans la vallée du silicium, les grandes fortunes misent des montagnes de dollars sur des super PACs pour défendre une vision très… souple de la régulation. L’objectif ? Soutenir des candidats pro-IA qui diraient amen à toutes les folies numériques. Et pendant qu’OpenAI et Meta investissent dans la politique à coup de millions (être riche ou être influent, pourquoi choisir ?), New York lorgne déjà sur la recette californienne avec une loi similaire prêt-à-signer !
Le gouverneur Newsom est d’ailleurs à fond dans son « AI en mode californien ». Selon lui, il est possible de protéger la population tout en laissant l’innovation pousser sous le soleil. « La Californie, c’est le leader, oui, mais avec une main sur l’accélérateur… et l’autre sur la pédale de frein ». Une belle façon de dire qu’on peut être avant-gardiste sans partiellement sauter dans le vide.
D’ailleurs, pendant qu’on y est, le gouverneur a encore un œil sur un autre projet de loi (SB 243, coucou les chatbots compagnons), histoire de ne pas laisser toutes les intelligences virtuelles sans surveillance ni filet. Il faudra désormais des protocoles de sécurité sous peine de voir ces chers bots passer du côté obscur… juridiquement parlant.
Petit flashback : ce n’est pas la première fois que le sénateur Scott Wiener tente l’exercice. Sa précédente tentative, SB 1047, avait été retoquée par Newsom lui-même, pressé par les cris d’orfraie des entreprises d’IA. Cette fois, plus diplomate, il a pris soin d’impliquer ses détracteurs dans la rédaction et semble avoir trouvé la recette du compromis. Comme quoi, dans la tech comme dans la cuisine californienne, tout est affaire de mélange… et de transparence !
Alors, la Californie invente-t-elle vraiment la recette miracle pour dompter l’IA tout en gardant la coolitude ? Seul le futur – et peut-être les hackers – nous le diront. Mais une chose est sûre, l’intelligence artificielle n’est plus en roue libre… elle a désormais ses feux de signalisation, et gare à celui qui grillera la priorité !
Source : Techcrunch




