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La Corée du Sud peut-elle encore faire confiance à ses géants du numérique après le scandale Coupang ?

Comment un seul cyberincident peut-il ébranler la confiance d’un pays entier dans sa transition numérique ? C’est la question urgente posée par la démission surprise de Park Dae-jun, ex-PDG du géant Sud-Coréen de la vente en ligne Coupang, suite à un gigantesque vol de données ayant touché plus de la moitié de la population nationale.

Avons-nous sous-estimé l’ampleur des risques issus de notre dépendance aux plateformes numériques de grande envergure ? Park, dans une déclaration officielle, a exprimé sa “profonde responsabilité pour la crise et le long processus de gestion qui a suivi”. Mais cet aveu de faiblesse suffit-il à apaiser les inquiétudes de millions de Sud-Coréens dont les informations ont été compromises ?

Comment la fuite s’est-elle produite, et pourquoi a-t-il fallu des mois à l’entreprise pour s’apercevoir que près de 34 millions de clients étaient concernés ? Si Coupang avait initialement reconnu seulement 4 500 victimes, pourquoi ce chiffre a-t-il été multiplié par plusieurs milliers après coup ? Un doute s’installe : l’entreprise a-t-elle vraiment pris la mesure des menaces qui pèsent sur ses infrastructures ?

Quand la confiance numérique vacille, c’est tout un écosystème qui chancelle.

La nomination à la tête de Coupang de Harold Rogers, avocat en chef du groupe mère américain, incarne-t-elle une volonté réelle de tourner la page ou simplement une tentative de limiter les dégâts en misant sur le légal plutôt que sur la technique ? Quelles nouvelles stratégies seront adoptées pour éviter un tel désastre à l’avenir ?

Il ne s’agit pas là d’un cas isolé : tout au long de cette année, la Corée du Sud a été la cible de multiples incidents de cybersécurité visant aussi bien des géants privés que des entités étatiques. Récemment, l’incendie d’un centre de données gouvernemental a mené à une perte irréversible d’informations publiques essentielles. La faille Coupang n’est-elle donc que la partie émergée de l’iceberg en matière de vulnérabilité numérique ?

Enfin, la succession de ces attaques interroge le dispositif de défense digitale sud-coréen. Le pays, souvent cité en exemple pour son taux élevé de digitalisation et d’innovation, ne doit-il pas revoir en profondeur sa politique de sécurité informatique afin de restaurer la confiance de ses citoyens ? Si même les plus grands acteurs ne sont pas à l’abri, qui pourra garantir l’intégrité des données des particuliers ?

En fin de compte, la crise Coupang pousse à se demander : la course à la modernisation numérique se fait-elle au détriment de la sécurité, et jusqu’où les géants du web doivent-ils rendre des comptes lorsqu’ils exposent ainsi la vie privée d’un pays tout entier ?

Source : Techcrunch

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