« Petit mais costaud ! » Voilà le credo de Robin Langtry, boss d’Avalanche, qui veut prouver que dans le monde de la fusion nucléaire, la taille, ça ne fait pas tout. Oubliez les monstres façon Godzilla de la science, à base de lasers dignes d’un James Bond et de tokamaks version donuts XXL : Avalanche, c’est la fusion… à l’échelle du bureau. Oui, littéralement. Sortez vos règles, leur dernier prototype tient sur une étagère Ikea (attention à ne pas mettre ça entre les mangas et les plantes vertes).
Depuis plusieurs années, Avalanche ose la miniaturisation extrême : un labo compact pour apprendre et bidouiller vite fait, bien fait. Robin Langtry, qui a manifestement la patience d’un enfant au matin de Noël, explique qu’à ce format rikiki, tout va plus vite : itérations à la chaîne et tests « deux fois par semaine », là où un projet géant prendrait des mois — voire des années (et probablement quelques pertes de cheveux).
Pour rappel, la fusion nucléaire, c’est la promesse de l’énergie propre façon soleil domestique. Le but : fusionner des atomes dans un plasma ultra-chaud, histoire de balancer un max d’énergie. Mais la fusion, c’est aussi une discipline hyper exigeante : matériaux dernier cri, besoins électriques de compétition, pièces à usiner à la perfection, et appareils souvent hors de prix et hors gabarit. Bref, jusqu’ici, c’était soit XXL soit rien.
Quand tout le monde pense “plus gros, plus fort”, Avalanche mise sur “plus petit, plus malin”.
D’autres startups, telles que Commonwealth Fusion Systems, misent sur de gros aimants pour des tokamaks glacés façon donuts géants, ou carrément des lasers bien bourrins. Avalanche, quant à elle, préfère l’électricité ultra-haute tension, et attire le plasma autour d’un électrode, maintenu poli grâce à quelques aimants (pas du niveau tokamak, mais quand même). Une fois que ça tourne vite, boum : les particules se cognent et fusionnent, tout simplement.
Mini-machine, mais maxi-enthousiasme chez les investisseurs ! Avalanche vient de lever 29 millions de dollars, pour un total de 80 millions en poche (presque modeste, à l’échelle du secteur où les levées à plusieurs milliards sont monnaie courante). Preuve que les petits aussi font rêver les grands.
L’inspiration de cette équipe ? Le « new space », façon SpaceX, ou Blue Origin, là où Langtry et son collègue Brian Riordan ont fait leurs classes. L’idée : bosser vite, apprendre vite, échouer vite, recommencer encore plus vite. La version 2 de leur réacteur passera de 9 à 25 cm de diamètre, avec, sur le papier, la capacité d’atteindre le fameux Q>1 — comprenez : produire enfin plus d’énergie qu’on en met dedans.
Les prochains essais auront lieu dans leur centre FusionWERX, qu’ils louent même à la concurrence (oui, c’est la start-up nation, même entre adversaires). D’ici 2027, ils espèrent manipuler le tritium comme des pros, et si tout va bien, entrer dans la légende avant la fin de la décennie, aux côtés d’Helion ou CFS.
Alors, la fusion nucléaire sera-t-elle bientôt une affaire de bureau, pour de vrai ? Impossible de le garantir, même pour Langtry. Mais une chose est sûre : dans ce secteur, ce n’est pas la grosseur qui compte, c’est l’énergie qu’on y met… au sens propre ! On souhaite à Avalanche de ne pas fondre les plombs avant d’atteindre la lumière divine du Q>1 !
Source : Techcrunch




