« Si la vie vous donne des micropuces, faites-en un grand gâteau de innovations ! » Voilà une maxime que les dirigeants américains et taïwanais semblent avoir prise au pied de la lettre. La récente consécration d’un accord commercial titanesque entre les États-Unis et Taïwan fait couler plus de silicium que de larmes lors d’un lancement d’iPhone en rupture de stock.
L’idée du siècle : Taïwan, ce petit caillou technologique qui produit plus de la moitié des puces mondiales (pleurez pas, Europe, ça va venir), s’engage à injecter la bagatelle de 250 milliards de dollars sur le territoire américain, rien que pour booster la fabrication de semi-conducteurs, l’énergie et l’IA. Pour ceux qui pensaient que la carte bancaire allait chauffer, ce n’est pas tout : d’autres 250 milliards seront accessibles sous forme de garanties de crédit. Nos amis taïwanais ne font clairement pas dans la menue monnaie.
En échange, la bannière étoilée fera chauffer ses investissements dans les industries phares taïwanaises : puces, défense, IA, télécom et biotechnologies. Mais ne cherchez pas le montant coté américain, c’est le plus grand secret depuis la recette du Coca-Cola — ou d’un bon processeur sans surchauffe.
Une affaire gigantesque mais aux contours un peu flous, attention à ne pas griller toutes les étapes !
Côté timing, mystère et boule de silicium… On ne sait pas précisément quand tout cet argent va circuler d’un continent à l’autre, mais on parie que les cargos vont souffrir de surcharge. Cette annonce survient pile quand les États-Unis (coucou Trump !) tirent la sonnette d’alarme : seulement 10% des semiconducteurs y sont produits localement. Pas top pour la « souveraineté technologique » quand l’économie moderne carbure à la micro-puce.
Les Américains appuient bien là où ça fait mal : dépendre des chaînes d’approvisionnement étrangères, c’est risquer de faire buguer l’économie et la Défense en cas de pépin (ou de gros orage géopolitique). Pour mettre de l’huile dans les rouages made in USA, une solution toute trouvée : des taxes ! Un joli 25% de droits de douane envisagés sur les puces les plus sophistiquées venant de chez les autres (coucou la Chine), histoire de redessiner la partie.
Est-ce le début d’une nouvelle ère de collaboration, ou simplement une partie d’échecs géants où chaque pion a la forme d’une puce ? Une chose est sûre : le commerce mondial fond comme neige au soleil, mais les alliances, elles, semblent prêtes à franchir la barrière de l’atome (de silicium, bien sûr).
Si tout cela ressemble parfois à du poker menteur entre superpuissances, une chose est certaine : dans la Silicon Valley comme à Taipei, mieux vaut miser sur le bon chipset. Rendez-vous dans dix ans : on verra qui aura vraiment tiré son épingle du jeu ou, pour rester dans le thème, qui aura bien su… tirer son épingle du circuit !
Source : Techcrunch




