« N’essayez pas de vous adapter à l’algorithme, faites en sorte que l’algorithme doive s’adapter à vous ! » Un conseil qui pourrait bien résumer la stratégie des superstars de YouTube ces dernières années. Car si la plateforme au bouton rouge se targue d’avoir injecté 55 milliards de dollars dans l’économie US en 2024 (et d’avoir créé près de 500 000 emplois !), elle n’est plus le distributeur à billets fiable sur lequel les vidéastes pouvaient compter. Les vrais champions du net ont compris : sur YouTube, mieux vaut ne pas mettre tous ses œufs — ni ses likes — dans le même panier…
Publicités fluctuantes, changements de politiques, monétisation incertaine… Même les plus gros channels sentent le vent tourner. Alors, les YouTubers de haut vol ont sorti l’artillerie lourde : bienvenue dans l’ère de la diversification frénétique. Finis les simples « créateurs », place aux mini-conglomérats en baskets ! Produits dérivés, snacks, appli bancaire, parcs d’attractions (si, si) et même… réseaux télécoms façon James Bond du marketing.
La star incontestée du phénomène ? MrBeast, le ticket en or de la créativité YouTube. Avec sa horde de 442 millions d’abonnés (oui, vous avez bien lu) Jimmy Donaldson ne fait pas dans la demi-mesure. Des barres chocolatées à succès fulgurant au rachat de néobanques, en passant par un projet de parc d’attractions et l’idée fantasque d’acheter TikTok, MrBeast incarne ce qu’on pourrait appeler le « YouPreneur » puissance 10. Sa marque Feastables fait même plus de bénéfices que sa chaîne YouTube — et de quoi donner la crise de foi aux accros de l’algorithme.
Les stars de YouTube misent désormais plus sur leur business IRL que sur leurs vues virtuelles.
Mais ce virus de la diversification ne contamine pas que les barons du gaming ou du défi musclé. Emma Chamberlain, championne du vlog ado, a réveillé la planète café avec Chamberlain Coffee et son chiffre d’affaires qui monte en flèche. Logan Paul, ancien bad boy du web, fait mousser Prime (son energy drink) et Maverick Apparel, tandis que son frère Jake s’amuse avec des paris sportifs et des startups tech. Même le jeune Ryan Kaji (13 ans mais déjà multimillionnaire !) ne se limite plus aux déballages de jouets et lance sa propre appli éducative.
Côté saveurs sucrées, Rosanna Pansino, la « nerd » des fourneaux, vend autant de livres de cuisine que de spatules — pendant qu’Andrew Rea ou Rhett & Link mettent la main à la pâte (ou aux céréales). Et si on parle de beauté, on ne présente plus Michelle Phan (fondatrice d’Ipsy et de sa propre gamme, pionnière des boxes mensuelles) ou Huda Kattan, qui a fait de Huda Beauty une bête mondiale, indépendante des moods de YouTube.
Sous les paillettes, la réalité : les audiences fluctuent mais le marketing du lifestyle, lui, résiste à tout. Le vrai jackpot n’est sans doute plus dans le CPM, mais dans la capacité à transformer chaque abonné en client fidèle, prêt pour la suite — ou le prochain goodies collector. Les créateurs sont devenus des marques à part entière, capables de survivre à toutes les tempêtes YouTube, et même d’envahir les rayons de vos supermarchés.
Alors, la prochaine fois que vous cliquerez sur « like » sous une vidéo virale, rappelez-vous : derrière chaque blague, tuto ou challenge se cache (souvent) un business model qui ferait pâlir d’envie un MBA… Eh oui, dans la jungle du YouTube game, il faut savoir mixer le buzz ET la diversification. Gageons que demain, le best-seller ne sera pas sur la page d’accueil, mais dans le rayon frais.
Finalement, YouTube c’est peut-être comme le café : pour bien tenir la route, il faut savoir varier les arômes !
Source : Techcrunch




