Sur la planète Tech, le capitalisme du miracle semble avoir trouvé son élixir et, bien sûr, un logo à la pomme. L’iPhone d’Apple continue de plier les courbes des analystes avec une facilité insolente – 85 milliards sur le trimestre, qui dit mieux ? Pendant que Tim Cook exhibe ses résultats comme une coupe du monde, le monde s’emballe : la croissance asiatique, la soif indienne et l’irrationnelle fidélité mondiale renversent chaque nouveau pronostic de saturation. Et tout cela alors même qu’on attend encore Siri, ce faux génie de la conversation, qui n’en finit pas de repousser ses mises à jour, comme s’il était coincé dans un embouteillage algorithmique digne du périphérique parisien (Siri-prise Générale).
Ce n’est pas une exclusivité Apple : l’accélération n’est plus un choix mais l’unité de mesure du progrès. La fièvre de l’infrastructure gagne jusqu’aux coulisses de la Silicon Valley ; Meta Compute rebat les cartes avec son pari pharaonique sur les gigawatts, transformant chaque calcul d’IA en équivalent énergétique d’un petit État européen. Le vrai duel n’est plus entre logiciels mais se niche dans les câbles, les datacenters et la maîtrise de l’énergie, dans cette « nouvelle guerre froide » qui fait de chaque watt produit une arme stratégique. Ici, on ne rêve plus de « killer app » : on table sur une hégémonie industrielle à coups de milliards d’électricité, et le greenwashing attendra que la facture soit payée.
Cette passion pour la puissance infuse tous les pores de l’innovation, du code accéléré par OpenAI et son Spark-flash surpuissant (marqué d’un wafer estampillé Cerebras) jusqu’à l’automatisation fébrile des chaînes d’approvisionnement mondiales : Didero promet de remplacer les costards des directeurs achats par des cohortes d’algorithmes qui négocient, pistonnent et commandent plus vite que n’importe quel trader sous amphétamines. On peaufine la supply chain tandis que d’autres investissent dans des robots industriels à coups de milliards : SoftBank s’offre la crème de ABB Robotics, prouvant qu’en 2026, le vrai chic n’est plus de collectionner les montres suisses mais les bras mécaniques (précis, mais capables de renverser un pot de peinture comme un stagiaire du BTP).
Sous la surface, l’intelligence artificielle n’est plus seulement dans le cloud ou les applis, elle s’infiltre dans le réel : dans les usines, les voitures, l’organisation urbaine – le tout, sous l’œil attentif de constellations de satellites affamés de data façon Xoople.
Face à cet emballement, le théâtre des événements tech change de décor : SusHi Tech Tokyo 2026 promet au moins de poser la question qui fâche : la technologie, c’est quoi ? Un mode de vie, un outil de domination, un totem à contempler dans un stand VR ? Désormais, elle se joue à la fois dans le cyberespace, dans l’espace orbital, dans les ascenseurs de Silvio Napoli nommé chez Lucid Motors, et dans les moindres soubresauts industriels. L’innovation ne veut plus être un spectacle, elle s’incarne – qu’il s’agisse de robots dans la poche ou de data haute altitude ingérée à grande vitesse par des IA toujours plus affamées.
Mais lorsque chaque acteur, du géant de l’industrie au plus petit développeur, s’aligne dans cette quête effrénée du « plus vite, plus fort, plus loin », la société semble avalée dans un tourbillon où le progrès technologique remplace trop souvent le progrès humain. A-t-on vraiment gagné si notre quotidien ressemble à un benchmark permanent ? Serons-nous bientôt jugés à la latence de nos assistants vocaux, à la vitesse de codage de nos IA et à la cadence d’assemblage de nos robots ? Ou saurons-nous, entre deux lignes de code et un selfie satellitaire, remettre un peu d’humanité au cœur de cette effervescence algorithmique ?




